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Pesticides, Parkinson, Alzheimer et tumeurs cérébrales

  • Danger et impact de l'aluminium sur notre santé..

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EFFETS A LONG TERME DES PESTICIDES SUR LE SYSTEME NERVEUX CENTRAL

Docteur Iban SANGLA, Neurologue, Marignane, France

Seront abordés dans cet exposé trois types d’atteinte cérébrale ayant fait l’objet d’études épidémiologiques et physiopathologiques sur le rapport avec une exposition chronique aux pesticides (appelés maintenant produits phytosanitaires) : d’une part la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, pathologies chroniques dégénératives (mort cellulaire cérébrale ciblée sur des structures définies), d’autre part les tumeurs intracérébrales primitives qui rentrent dans la catégorie des « cancers ».

Une analyse et le résumé des études réalisées dans ces 3 grands cadres nosologiques sont proposés.

MALADIE DE PARKINSON ET EXPOSITION AUX PESTICIDES

La maladie de Parkinson est une maladie fréquente dont l’incidence (nombre de nouveaux cas par an) est de 10 à 15/100.000. L’incidence augmente avec l’âge. Sa prévalence (nombre de personnes touchées à un instant T) est estimée entre 100 et 200/100.000. La maladie de Parkinson est 1.5 fois plus fréquente chez l’homme, avec une moyenne d’âge de début de 63 ans. Il n’y a pas de traitement curatif, mais uniquement des traitements symptomatiques. L’origine en est inconnue, mais une implication multifactorielle est retenue : géntique et environnementale.

L’implication génétique est attestée par la description de familles présentant des cas de maladie de Parkinson sur plusieurs générations ou dans la fratrie, avec une héredité dominante ou récessive. Les études génétiques réalisées sur de larges familles ont permis à ce jour la localisation de dix loci, et la description de différentes mutations dans 6 gènes.

Quelle relation peut-on faire entre l’utilisation de toxiques et l’émergence d’une maladie de Parkinson ? Au début des années 80, il est constaté l’apparition sub- aiguë de syndromes Parkinsoniens chez des toxicomanes à Santa Clara, en Californie, lors de l’utilisation d’un opioïde de synthèse, le MPPP. Un agent contaminant, le MPTP (1-methyl-4-phenyl-1,2,3,6-tetrahydropyridine), analgésique découvert en 1947, a été isolé comme étant à l’origine de l’émergence de cette symptomatologie. Ce modèle de maladie de Parkinson liée à un toxique a fait l’objet de multiples études chez le singe. Celles-ci ont montré l’existence d’un effet délétère sélectif du dérivé du MPTP, le MPP+, sur les neurones dopaminergiques, par inhibition du complexe I mitochondrial. Ceci entraîne la mort neuronale par déficit énergétique. L’intérêt du MPTP est d’avoir un dérivé (Cyperquat) proche de 2 herbicides largement utilisés, le Paraquat et le Diquat. D’autre part, l’effet d’un insecticide, la roténone, a été étudié plus récemment chez le rat.

Par ailleurs, la Roténone, insecticide largement utilisé, en agissant également sur le complexe I mitochondrial, entraîne chez l’animal un syndrome Parkinsonien, par le biais d’une dégénérescence des neurones dopaminergiques de la substance noire.

Analyse de 2 études rétrospectives sur la relation entre maladie de Parkinson et exposition chronique aux pesticides.

1 - Ascherio et al., 2006 : étude de cohorte sur le lien entre maladie de Parkinson et pesticides.

143.325 personnes du registre du Cancer Prevention Study II Nutrition Cohort (surveillance depuis 1982). Cas de maladie de Parkinson enregistrés entre 1992 et 2001 sur un total de 6.864 personnes exposés aux pesticides. Questionnaire écrit consignant le type et la durée d’exposition, le type de travail. Population étudiée : 840 Parkinsoniens, 588 confirmés par un neurologue, 413 cas retenus, avec début de la maladie après 1992.

Résultat : risque relatif de maladie de Parkinson suite à une exposition à 1.7, 10 à 20 ans après l’exposition aux pesticides.

2- Frigerio et al., 2006 : étude épidémiologique à Rochester, Minnesota, USA.

Questionnaire téléphonique. Complément d’interrogatoire si des travaux à la ferme ont été effectués pendant plus de 5 ans. Cohorte de sujets ayant présentés une maladie de Parkinson entre 1976 et 1995. Population étudiée : 149 patients et 129 témoins.

Résultat : risque relatif de 2.5, uniquement chez l’homme. Problème : pas de pesticide particulier identifié.

Facteurs intriqués non déterminés dans l’émergence d’une maladie de Parkinson :

1- L‘influence de la susceptibilité génétique individuelle reste inconnue (10 à 15% de formes familiales) : influence des cytochromes qui métabolisent les toxiques environnementaux.

2- D’autres facteurs environnementaux non identifiés associés aux pesticides et potentialisant leurs effets peuvent intervenir.

3- Problème de l’interférence avec l’exposition professionnelle aux métaux lourds (plomb, zinc, mercure, manganèse, fer, cuivre) disséminés dans l’environnement.

MALADIE D'ALZHEIMER ET EXPOSITION AUX PESTICIDES

La maladie d’Alzheimer est une maladie fréquente : sur une étude réalisée en 1999 en France chez les sujets de plus de 65 ans, sa prévalence était de 4,4% (656.000 personnes), avec une incidence de la maladie de 165.000 nouveaux cas par an. De début souvent insidieux, avec une longue durée d’évolution (8 ans en moyenne). Facteurs de risque pour la maladie : âge, sexe, niveau d’étude faible, facteurs de risque vasculaire (HTA, diabète, tabac….), antécédent de traumatisme crânien, antécédent de dépression.

Une incidence génétique a aussi été retrouvée. Dans ces cas familiaux, il a été mis en évidence une élévation du risque en cas d’homozygotie pour l’apoprotéine E 4. Il faut toutefois signaler qu’il existe d’autres syndromes démentiels qui ne sont pas des maladies d’Alzheimer. Dans 30% des cas l’origine est une démence vasculaire, une démence fronto-temporale, une démence à corps de LEWY ou encore d’autres étiologies. D’où la nécessité d’une évaluation précise de la maladie par un expert en neurologie afin de valider la qualité des études.

Analyse de 2 études Française sur la relation maladie d’Alzheimer/pesticides :

1- Etude PAQUID : suivi sur 10 ans d’une cohorte de 3.777 personnes âgées de plus de 65 ans. Inclusion en 1987 sur 2 départements, la Gironde et la Dordogne. 1.507 personnes entre 1992 et 1998 Questionnaire sur l’exposition aux pesticides lors de la consultation de suivi à 5 ans. Complément par des tests neuropsychométriques : MMSE, échelle de dépression. En cas d’anomalies sur ces tests : évaluation systématique réalisée par un neurologue.

Résultats : performances au MMSE liées à l’âge, au niveau d’étude et à l’existence d’un syndrome dépressif. Sur la cohorte retenue, 320 sujets exposés aux pesticides. Durée d’exposition disponible chez 228 personnes, avec une médiane de 28 ans. Cas dépistés entre 5 et 10 ans de suivi : - 96 cas de maladie d’Alzheimer : 26 cas chez les personnes exposées, 70 chez les non exposées :

risque relatif 2.9, uniquement chez l’homme.

- 24 cas de maladie de Parkinson : 8 chez les exposés, 16 chez les non exposés : risque relatif 5.6, uniquement chez l’homme

2- Etude PHYTONER : étude rétrospective, entre février 1997 et août 1998. Agriculteurs affiliés à la MSA de la Gironde. Performances cognitives évaluées par de multiples tests : MMSE, Benton, Wechsler, TMT, Stroop, FTT. 2 groupes ont été retenus : 679 viticulteurs (travail > 1000 heures/an plus de 20 ans) - 238 travailleurs non exposés. La durée moyenne d’exposition était de 22 ans, avec 99% d’hommes.

Résultat : risque relatif : 3.5 si exposition

NEOPLASIES CEREBRALES ET EXPOSITION AUX PESTICIDES

Il existe de nombreuses classes de tumeurs intracérébrales primitives, c'est-à-dire non métastatiques. Cette classification est réalisée à partir de l’étude anatomo-pathologique, après prélèvement cérébral neurochirurgical en condition stéréotaxique sur la zone suspecte. La plus fréquente de ces tumeurs est le méningiome, plus fréquent chez la femme est le plus souvent une tumeur bénigne, avec toutefois possibilité d’être multiples et récidivantes après chirurgie. Il représente environ ¼ des cas. Viennent ensuite les tumeurs gliales, qui représentent environ 20% du total, et qui sont des tumeurs malignes. Le glioblastome, tumeur hautement maligne, en fait partie, avec une incidence comprise entre 2.8 et 4.7/100.000, et un risque 2 fois plus élevé entre 40 et 70 ans. L’incidence globale des tumeurs primitives du SNC se situe entre 10 et 20/100.000/an. Il est noté une augmentation du nombre de cas de 1 à 3% par an.

1. Dans une étude menée aux Etats-Unis à partir de 11 registres régionaux entre 1990 et 1994, il a été trouvé une incidence de 11.47 nouveaux cas pour 100.000 habitants par an. Cette incidence augmente avec l’âge. Il existe un pic de fréquence à 5 ans et entre 65 et 74 ans. 10% avant 10 ans, avec augmentation de l’incidence de 35% entre 1972 et 1999

2. Etude CEREPHY : étude épidémiologique entre mai 99 et avril 2001 en Gironde. Adultes de plus de 16 ans : 221 patients, 422 témoins, moyenne d’âge 57 ans, 57% de femmes. Expositions aux pesticides : 79 patients, 153 contrôles. Durée d’exposition : > 7 ans 50% des cas, > 20 ans dans 25% des cas. Le résultat global était non significatif : risque relatif 1.47. Mais si l’on prend un sous-groupe de personnes exposées à de fortes doses, le risque relatif devient significatif à 2.16, et surtout pour les gliomes : 3.21.

Pour les sujets traitant les plantes d’intérieur : risque relatif pour les gliomes à 2.57, résultat également significatif. Il n’existe en revanche pas de lien avec la durée d’exposition. Un complément d’étude est prévu : étude CERENAT, sur une population attendue de 500 patients et de 1000 témoins, sur 4 départements.3.Exposition aux pesticides et herbicides et risque de tumeur cérébrale (Samanic et al, 2008) : étude sur 3 hôpitaux aux USA, entre 1994 et 1998. Population étudiée : 462 personnes présentant un gliome, 195 présentant un méningiome, et 765 contrôles (patients admis dans les mêmes hôpitaux pour des raisons autres qu’une tumeur). Résultats : risque relatif pour les méningiomes chez les exposés aux pesticides à

2.4, uniquement chez les femmes. Pas d’association significative avec les gliomes.

4. Etude en cours : AGRICAN : enquête de cohorte, avec coordination entre plusieurs structures : Mutuelle Sociale Agricole, Registres des Cancers, Groupe Régional d’Etude sur le Cancer, Laboratoire Santé Travail Environnement. AGRICAN a pour but d’étudier les rapports entre les activités agricoles et les problèmes de santé, dont les cancers. Elle concerne 700.000 agriculteurs, salariés, exploitants, actifs, retraités, sur 12 départements. Des questionnaires individuels ont été envoyés fin 2005/début 2006, pour recueillir des données générales, l’état de santé actuel, les habitudes de vie, les activités agricoles exercées, actuelles et passées. Les résultats sont prévus en 2009.

>//www.asef-asso.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=96:pesticides-et-systeme-nerveux-central-par-le-dr-sangla&catid=68:comprendre-les-maladies-environnementales&Itemid=195

 

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chimiqueL'exposition professionnelle aux pesticides augmente le risque d'incidence de la démence d'Alzheimer selon une étude prospective conduite aux USA et publiée dans la revue NEUROLOGY en Mai 2010.

 

La méthodologie

Les chercheurs ont suivi une cohorte de 3084 personnes, extraite d'un groupe de 5092, à partir de l'année 1995.

Tous les sujets étaient âgés de plus de 65 ans et originaires d'une région très agricole de l'UTAH (Cache County).

Des tests neuro-psychologiques complets ont permis de vérifier qu'aucun élément démentiel n'était présent au moment de l'inclusion. L'évolution de leurs fonctions cognitives ont été suivies sur plusieurs années de vie des sujets. Celles-ci ont été évaluées au bout de 3 ans, 7 ans et 10 ans après le début de l'étude.

Deux groupes d'étude ont été constitués : les 572 sujets exposés aux pesticides d'une part, et les 2512 non exposés d'autre part. L'âge des individus était comparable dans les 2 groupes.


Chez les exposés : 40% réalisaient des travaux à la ferme et les hommes étaient plus représentés que les femmes.
Type de pesticides :

– 316 personnes exposées aux organophosphates
– 256 aux organochlorines
– 25 aux carbamates
– 28 au methylbromide

Les résultats

Le RR pour l'ensemble des démences est à 1,38 chez les sujets exposés aux pesticides.
Pour le sous-groupe sur la maladie d'Alzheimer, le RR est de 1,42.
Le risque maximum est retrouvé pour une exposition aux organophosphates (1,53) et organochlorines (1,49).

Les conclusions de l'étude

Les pesticides peuvent provoquer des effets nocifs à long terme sur le système nerveux central, en augmentant l'incidence de la maladie d'Alzheimer.

 

Résumé par le Docteur Iban SANGLA, Neurologue, Marignane

Dr_SanglaLe Docteur Iban Sangla est neurologue. Il a notamment travaillé sur les liens entre les pesticides et la maladie de Parkinson, d’Alzheimer et les tumeurs cérébrales.

 

 

17 juin 2010
Par Thierry MONOD

C’est ce que révèle une nouvelle étude menée aux Etats-Unis chez 3 518 habitants du compté de Cache dans l’Utah, âgés de 65 ans ou plus en 1995. ayant accepté de participer à l’étude. Ils ont indiqué de manière très détaillée, les types et quantités de pesticides qu’ils avaient utilisé, les temps de contact, les type d’utilisation et les méthodes d’épandages qu’ils auraient pu utiliser.

Une exposition aux pesticides peut provoquer des altération du système nerveux central, en particulier les organophosphorés qui agissent directement sur les synapses du système nerveux central des insectes, certes, mais aussi sur celui de l’homme.

Aucun des participants n’avait d’altération cognitive ni mnésique au début de l’étude, donc bien sur aucune maladie d’Alzheimer. 572 on dit avoir été en contact avec des pesticides, et parmi eux 40% étaient des agriculteurs. 316 avaient été en contact avec des organophosphorés, 25 avec des carbamates, 28 au methyl-bromide. 186 ont été exposés à plusieurs pesticides au cours de leur vie.

Tous les participants ont été suivis pendant 10 années et revus à 3,7 et 10 ans par les médecins de l’étude afin de renouveller un bilan cognitif et mnésique. Au bout des 10 ans, 500 des participants avaient déclenché une démence, dont 108 ayant été exposés aux pesticides.

L’exposition à un pesticide quelqu’il soit, augmente le risque de démence de 38% et en particulier, le risque de maladie d’Alzheimer de 42%.

Cette étude ajoute encore à la littérature médicale montrant que l’exposition aux pesticides a des effets délétères sur le système nerveux central, augmentant le risque de maladie d’Alzheimer en fin de vie.

Source

Occupational exposure to pesticides increases the risk of incident AD : The Cache County study
K.M. Hayden, PhD, M.C. Norton, PhD, D. Darcey, MD, T. Østbye, MD, PhD, P.P. Zandi, PhD,J.C.S. Breitner, MD, MPH, K.A. Welsh-Bohmer
Neurology 2010;74;1524-1530

Crédit Photo Creative Commons by Escape_to_Christel

//www.docbuzz.fr/2010/06/17/123-agriculteurs-42-d%E2%80%99alzheimer-a-cause-des-pesticides/

18 mai 2010
Par Thierry MONOD

Les pesticides organophosphorés sont très utilisés pour la protection des fruits et de légumes vis à vis des insectes. Ils agissent sur leur système nerveux, entraînant leur mort par inhibition de la cholinestérase, en bloquant toute transmission d’influx nerveux. Ce mode d’action explique leur toxicité vis-à-vis de l’homme et des animaux. Les pesticides organophosphorés se dégradent rapidement mais une certaine quantité peut persister sur les fruits et les légumes traités ainsi que dans l’eau portable. Il existe environ 40 agents pesticides organophosphorés, tels que le malathion, écrivent les auteurs dans la revue Pediatrics où ils publient leur résultats

Ces pesticides sont un des suspects dans l’augmentation croissante des syndromes d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant. Afin d’examiner l’association possible entre, par exemple leur ingestion involontaire par le biais de l’eau ou de l’alimentation, et la survenue de ce syndrome, des scientifiques ont évalué les taux urinaires des métabolites de ces pesticides chez 1139 enfants âgés de 8 à 15 ans, représentatifs de la population américaine. Parmi eux, 119 étaient atteints par ce syndrome d’hyperactivité et d’inattention.

Les résultats démontrent que l’exposition à ces pesticides peut effectivement accroître le risque du syndrome d’hyperactivité et de déficit de l’attention. En effet, un taux urinaire multiplié par 10 de certains métabolites des pesticides organophosphorés (dialkyl phosphate et en particulier le dimethyl alkylphosphate) augmente de 55% le risque d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant. Pour le métabolite le plus fréquemment retrouvé, le diméthyl thiophosphate, un taux légèrement supérieur à la moyenne mesurée chez les d’enfants, augmente de 93% le risque d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention par rapport aux enfants ayant un taux indétectable.

Ces résultats supportent l’hypothèse qu’une exposition aux pesticides et autres produits organophosphorés pourrait augmenter le risque de survenue d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention. Pour les auteurs, il s’agit d’une association forte, dorénavant démontrée même pour des taux de contamination faibles.

Même si la source des contamination ne peut cependant être affirmée formellement par cette étude, les auteurs pensent qu’elle ne peut être que liée à l’utilisation de pesticides ou , mais dans une moindre mesure,la pulvérisation d’insecticides dans les maisons. Cette étude renforce l’urgence de la mise en place d’études prospectives de grande échelle. Les précautions à prendre sont de plusieurs natures. Bien vérifier les produits insecticides et/ou pesticides utilisés à la maison, éviter les produits pouvant contenir ces insecticides et laver les fruits et légumes avec soins sans consommer les peaux des fruits.

Des agents organophosphorés sont également utilisés dans certaines lotions anti-poux vendues en France, dans des produits cosmétiques…Les métabolites de pesticides organophosphorés ont été retrouvé dans des jus de fruits

Source

Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides
Maryse F. Bouchard,David C. Bellinger,Robert O. Wright,Marc G. Weisskopf
PEDIATRICS Published online May 17, 2010

crédit Photo Creative Commons by Olivier Bataille

09 juin 2010
Par Thierry MONOD

La justice indienne vient de rendre son verdict dans la catastrophe qui frappa Bhopal, une ville du centre de l’inde. Le 03 décembre 1984, dans la nuit, une canalisation de l’usine de pesticides se rompt, l’usine explose, laissant échapper sur la ville un nuage toxique de 40 tonne d’isocyanate de méthyle, un produit chimique utilisé dans la fabrication des carbamates. Les carbamates sont utilisés comme insecticide. L’usine appartennait au groupe chimique américain Union Carbide, racheté depuis par Dow Chimical. Dès la première nuit, l’isocyanate de méthyle tue 3500 habitants. Au total, les associations de victimes estiment le nombre de morts à 25 000, le nombre de personnes intoxiquées à 500 000. Les premiers symptômes apparaissent au bout d’une heure à une demi-journée après le contact avec le carbamate. il provoque un blocage des transmissions du système nerveux central avec accumulation d’un neurotransmetteur, l’acétylcholine. les personnes intoxiquées se mettent à saliver abondamment, ont des troubles digestifs (diarrhée), des troubles respiratoires (toux, respiration accélérée). Arrivent ensuite les contractions musculaire, des troubles de la démarche, allant jusqu’à la paralysie. L’évolution se fait vers une hyperexcitation et des crises convulsives pouvant entraîner la mort.

Warren Anderson, PDG de l’usine, s’est enfui. Il est accusé de “mort par négligence”. Keshub Mahindra, président d’Union Carbide India est condamné à 10.600 dollars pour négligence, tandis que 7 salariés indiens sont condamnés à 2 ans de prisons et 2100 dollars d’amende. Les condamnés feront probablement appel de ce verdict.

Pour Dow Chemical,  les responsabilités ont été effacées depuis un accord passé en 1989 avec le gouvernement indien pour le versement de 470 millions de dollars d’indemnisations incluant un abandon de poursuites pénales.



18/10/2010
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