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Pesticides : contamination de l'eau et impact sur la santé....

 

 

La pollution de l'eau par les produits phytosanitaires en France fait l'objet d'une part de réseaux d'observation pour évaluer l'état des lieux, et d'autre part de mesures et de recommandations pour réduire cette contamination.

 

 

//www.wat.tv/video/pollution-eau-robinet-par-1wrr4_2ilp3_.html

 

 

 


mesurer des pesticides dans l'eau potable
envoyé par guerir. - //dai.ly/d65CVm

 

BILAN DE LA QUALITE DE L’EAU AU ROBINET DU CONSOMMATEUR VIS‐A‐VIS DES PESTICIDES EN 2009
INTRODUCTION
Un état des lieux de la conformité des eaux distribuées vis-à-vis des pesticides, au cours de l’année 2009,
a été réalisé par la Direction générale de la santé, en liaison avec les agences régionales de santé (ARS),
qui ont remplacé notamment les directions régionales et départementales (DDASS) des affaires sanitaires
et sociales depuis le 1er avril 2010. Il fait suite aux bilans annuels publiés depuis l’année 2003.
Le présent bilan a été établi au vu des résultats du contrôle sanitaire effectué en 2009 par les DDASS et
des contrôles antérieurs, s’ils étaient jugés représentatifs, qui sont collectés dans la base nationale de
données du Système d’informations en santé-environnement sur les eaux (SISE-Eaux). Il s’appuie sur les
recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France du 7 juillet 1998, relatives aux
modalités de gestion des situations de non-conformité des eaux de consommation présentant des traces
de contamination par des produits phytosanitaires1. Cet avis distingue notamment trois types de situations
selon la durée du dépassement et son amplitude :


- les situations de conformité de l’eau(situation A) ;
- les situations de présence d'un ou de plusieurs pesticides à des concentrations supérieures à la
limite de qualité par pesticide, mais ne nécessitant pas de restriction d'utilisation de l'eau (situation B1) ;
- les situations de présence fréquente ou importante d'un ou de plusieurs pesticides à des
concentrations supérieures à la limite de qualité par pesticide, conduisant à une restriction
d’utilisation de l’eau distribuée pour la boisson et la préparation des aliments (situations B2).


Pour les situations B1 et B2, l’eau n’est pas conforme à la règlementation.
I. La situation en 2009
Les informations sur la qualité des eaux au robinet du consommateur vis-à-vis des pesticides ont été
obtenues à l’échelon national pour plus de 25 000 unités de distribution (UDI) soit 8 UDI sur 9, alimentant
près de 99,3 % de la population française. Les informations n’ont pu être fournies pour 3 291 UDI
alimentant environ 430 000 personnes (taille moyenne de ces UDI = 128 personnes). Dans la plupart des
cas, les UDI concernées ne sont soumises au contrôle sanitaire pour les pesticides que depuis le 25
décembre 20032. Compte tenu des fréquences du contrôle sanitaire applicables (1 analyse de pesticides
tous les 5 ans aux captages, voire tous les 10 ans en production pour les plus petites UDI), certaines UDI
de petite taille n’ont pas encore fait l’objet de recherche de pesticides au cours des années 2004 à 2009.
 
I.2. Les situations de non-conformité (situations B1 et B2)
Les dépassements de la limite de qualité des pesticides dans l’eau ont concerné, en 2009, 1 087 UDI réparties dans 26 départements. Ainsi, pour 1,87 millions d’habitants, soit 2,97 % de la population française, l’eau du robinet a été au moins une fois non-conforme au cours de l’année 2009.
Les eaux distribuées sont généralement de bonne qualité vis-à-vis des pesticides. En 2009, la situation de conformité permanente a concerné 97,0 % de la population, soit 60,5 millions d’habitants. Cependant, dans de nombreuses UDI, les
dépassements observés ont été ponctuels (quelques jours seulement au cours de l’année 2009). Le nombre de personnes concernées par ces nonconformités a diminué fortement par rapport à 2008 (diminution de 3,1 millions d’habitants) et retrouvé une tendance à la baisse par rapport à 2006 (5,1 % en 2006) après une évolution défavorable depuis 2007 : de la même manière qu’en 2007, en 2008, un dépassement très ponctuel avait conduit à classer,en situation B1, 7 UDI d’Ile de France à forte population, soit environ 2,3 millions d’habitants (3,7 % de la population française) répartis sur 5
départements de la couronne parisienne.
Source : Ministère chargé de la santé - ARS - SISE-Eaux
 
Dans 74 départements, plus de 95 % de la population ont été desservis par une eau respectant en permanence les limites de qualité pour les pesticides (54 départements en 2003, 57 en 2004, 60 en 2005, 65 en 2006, 60 en 2007,
62 en 2008).
  
Les situations B2, correspondant à la présence de pesticides ayant conduit à une restriction des usages de
l’eau pour la boisson et la préparation d’aliments, ont concerné, en 2009, 75 UDI, alimentant environ 34 300 personnes (soit 0,05 % de la population française). Environ 70 % des situations de restriction des usages alimentaires de

l’eau (52 UDI alimentant 21 600 personnes) concernent deux  départements : la Seine-et-Marne et l’Eure-et-Loir.
Les UDI concernées par de telles situations sont généralement de faible taille (457 habitants en moyenne) et sont principalement situées dans le bassin parisien et le quart nord-est de la France. 89,0 % des UDI en situation B2 en 2008
l’étaient déjà en 2008, soit 67 UDI alimentant 31 200 personnes.
 
Sur les 1,87 millions d’habitants dont l’eau a dépassé les limites de qualité, 1,84 millions (98,2 %) ont été alimentées par de l’eau non conforme n’ayant pas nécessité une restriction d’utilisation d’eau pour les usages alimentaires. Les dépassements des limites de qualité ont en effet été limités :
- au niveau des teneurs en pesticides mesurées (teneur inférieure à la valeur sanitaire maximale) ;
- et/ou dans le temps (moins de 30 jours cumulés en 2009).
 
Ces situations de non-conformité B2 concernent principalement des UDI de faible population La mise en oeuvre de solutions d’amélioration pour les 18 UDI en situation B2 alimentant plus de 500 habitants permettrait de réduire de près de deux tiers la population concernée par ces restrictions de consommation.
 
La population concernée par une situation B2 a diminué de 27 300 personnes par rapport à l’année 2008, soit de 44,3 %.


I.5. Les pesticides à l’origine des situations B2


L’atrazine et ses métabolites, principalement l’atrazine-déséthyl et l’atrazine-deisopropil, sont à l’origine de la plupart des situations de restriction des usages alimentaires de l’eau (74 UDI en situation B2). Il est à noter que l’usage de ces molécules est interdit depuis plusieurs années en France. Une situation de restriction concerne un pesticide différent (acide 2-méthyl-4-chlorophénoxyacétique ou MCPA). Tous ces pesticides sont des désherbants à rémanence importante.


II. L’évolution de la situation entre 1999 et 2009


La situation en 2009 montre une évolution favorable par rapport à 2008 : la population alimentée par une
eau non conforme vis-à-vis des pesticides (situations B1 et B2) est en très forte baisse. Cependant, il est à
rappeler, qu’en 2007 et 2008, une partie importante des situations était liée à un dépassement ponctuel au
niveau d’UDI de l’Ile de France à forte population.
 
CONCLUSION
Au cours de l’année 2009, l’eau distribuée en France a été de bonne qualité eu égard aux teneurs en
pesticides mesurées :
- 97,0 % de la population a été alimentée en 2009 par une eau dont la qualité a respecté en permanence les limites de qualité fixées par la réglementation (2008: 91,9%, 2007 : 91,6 % ; 2006 : 94,9 % ; 2005 : 93,8 % ; 2004 : 93,2 % ; 2003 : 91,0 %) ;
- parmi la population alimentée par une eau au moins une fois non-conforme, la consommation de l’eau du robinet a dû être restreinte pour les usages alimentaires pour 34300 personnes environ.

Les actions d’amélioration de la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des pesticides doivent être poursuivies et confortées, voire parfois engagées dans certaines zones du territoire. En complément de solutions curatives, la mise en oeuvre de mesures de prévention doit permettre d'assurer de manière pérenne la reconquête de la qualité des ressources en eau.
Les derniers résultats du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau distribuée dans chaque commune sont
disponibles sur le site Internet du ministère chargé de la santé : www.eaupotable.sante.gouv.fr.

 

9% de la population en France boit une eau non conforme

 

PARIS  08 09 05  - L'eau au robinet est "globalement de bonne qualité" mais plusieurs millions de personnes ont bu au moins une fois en 2002 ou 2003 une eau du robinet trop chargée en nitrate ou en pesticides, ou contenant des germes pathogènes, révèle la première étude complète du ministère de la Santé publiée depuis 1998.

 

  • 9% de la population française a été alimentée en 2003 par une eau du robinet au moins une fois non conforme vis à vis des pesticides, indique ce volumineux rapport, mis en ligne par le ministère de la Santé.
  • 5,1 millions d'habitants ont donc bu en 2003 une eau plus chargée en résidus de pesticides que les limites de qualité règlementaires. Les données manquent pour 4,5 millions d'habitants. Et la très grande majorité (51 millions d'habitants) boit une eau conforme.

Ce bilan 2002-2003 s'appuie sur 4,6 millions d'analyses réalisées chaque année par les directions départementales de l'action sanitaire et sociale (DDASS). Sur 369 pesticides recherchés dans les eaux mises en distribution, 332 ont été détectés entre 2001 et 2003, dont 59 à des teneurs supérieures à la limite de qualité.

 

Les données confirment la présence permanente de résidus de pesticides et de nitrates dans les eaux françaises: selon l'Institut français de l'environnement, 75% des rivières et 57% des eaux souterraines contrôlées en 2002 comportaient au moins un pesticide.

Des traitements sont requis pour 20,6% des captages contrôlés, indique le bilan de la Santé. Le ministère relève l'insuffisante protection des captages d'eau: 39% bénéficient d'une protection complète (périmètres de sécurité, clôture), prévue par la loi depuis 1992.

Lorsque les teneurs en pesticides sont faibles, elles n'empêchent pas de consommer l'eau.

 

Toutefois, 164.000 habitants ont du arrêter de consommer l'eau en 2003 du fait de teneurs trop élevées. Entre janvier 1999 et septembre 2001, ces restrictions d'usage alimentaire de l'eau avaient touché 416.000 personnes.

Trois départements (Oise, Seine-et-Marne et Eure-et-Loir) ont concentré 57% de ces mesures de restriction d'usage en 2003.

Le ministère contrôle au premier chef la qualité microbiologique de l'eau (les germes fécaux). Là encore, 5,8% de la population, soit plusieurs millions d'habitants, a reçu en 2002 une eau dont la qualité n'était pas conforme en permanence aux limites de qualité microbiologique.

Paradoxalement, les zones de montagne, où l'eau est réputée "pure", sont celles qui ont une eau de moins bonne qualité microbiologique, faute de réseau de traitement performant: Massif Central, Vosges, Alpes.

Les nitrates restent un point sensible: des teneurs élevées (40 à 50 mg/L, quand la norme de potabilité est à 50 mg/L) ont été constatées dans 5,6% des installations de production d'eau (eaux brutes).

Cette ressource "fortement dégradée est susceptible de devenir prochainement impropre à la consommation humaine", met en garde le ministère. La qualité de l'eau n'est partout conforme vis à vis des nitrates que dans la moitié des départements français.

Pour obtenir une eau parfaitement potable au robinet, de nombreux captages pollués ont été abandonnés. In fine, 98% des débits d'eau produits sont conformes pour les nitrates. Mais 191 captages ont été abandonnés à cause des nitrates en Seine-Normandie entre 1989 et 2000, note le rapport. En Bretagne, la proportion de population alimentée par une eau non conforme a régressé de 13,3% en 1999 à 4,4% en 2001 puis 1,3% en 2004.

Nitrates et pesticides, principalement émis par l'agriculture, sont soupçonnés d'être à l'origine de cancers, de troubles neurologiques et de la reproduction.

 

 

Fréquemment présent dans les eaux de surface, le glyphosate est un pesticide qu’on retrouve dans l’eau du robinet. Consciente du problème, l’agence de l’eau Seine-Normandie effectue actuellement des tests d’élimination de ce polluant.

L’agence de l’eau Seine-Normandie le reconnaît « le glyphosate est présent dans l’eau potable à des concentrations supérieures à la norme car il n’est pas retenu par le charbon actif ». L'IGEPAC (Informations Générales sur l'Eau Potable et l'Assainissement des Communes) dénonce cette pollution « pas toujours analysé » et souligne que « très peu de traitements de l'eau utilisent le charbon actif, en dehors des très grandes villes ».

Le glyphosate est un herbicide non sélectif très soluble dans l’eau. Ce produit toxique entre dans la composition du désherbant Round Up, marque de Monsanto, largement utilisé dans l’agriculture en épandage. Facilement retenu par les argiles, le glyphosate est peu présent  les eaux souterraines, mais en revanche « fréquemment retrouvé aujourd'hui dans les eaux de surface et particulièrement après des épisodes pluvieux ».

 

Dépassements de la valeur limite


L’agence précise qu’il est toujours accompagné d'un autre composé, l'AMPA (acide aminométhylphosphonique) qui est un de ses produits de dégradation mais qui peut être aussi un produit utilisé dans les lessives. Le code de la santé publique fixe une limite de 0,1 µg/l dans les eaux destinées à la consommation humaine pour chaque pesticide et chaque produit de dégradation.

Le suivi des concentrations en glyphosate et en AMPA sur les eaux produites par les usines de la SAGEP a mis en évidence des dépassements de la valeur limite de 0,1 µg/l. En effet, l’agence reconnaît que le glyphosate est très mal adsorbé par le charbon actif.

Selon l’agence de l’eau Seine-Normandie, l’objectif est de tester en laboratoire la clarification et l’adsorption comme technique d’élimination du glyphosate. La clarification aux sels de fer est plus efficace que celle mise en oeuvre avec les sels d’aluminium, mais ne suffit pas à respecter la norme. L’adsorption sur de la bioloite recouverte de Fe3+ est très prometteuse, et est plus efficace que l’adsorption sur du charbon recouvert de Cu2+.

L’étude se poursuit pour confirmer les résultats d’adsorption à l’échelle pilote et industrielle, et pour tester d’autres oxyhydroxyde de fer qui ont l’avantage de ne pas nécessiter de régénération fréquente.

 

ANALYSES DE L'IFEN 2005 : l'eau malade des pesticides?


l’Ifen dresse un bilan inquiétant de l’état de santé des cours d’eau français.


Une « contamination généralisée »

“Poissons en Seine“, un reportage de Jacques-Olivier Baruch (8'30) - 1999 : De récentes analyses ont mis en évidence des mutations chromosomiques, à l'origine d'anomalies dans la répartition des sexes, sur certains poissons du fleuve à proximité de Paris. Enquête sur le réel état de la pollution de la Seine.   Réalisation :  Jacques-Olivier Baruch  Image :  François Gentil  Son :  Mohamed Chekkoumy, Sylvain François  Montage :  Cécile Fernandez  Moyens techniques :  France 3 Ile-de-France Regarder la vidéo

“Poissons en Seine“, un reportage de Jacques-Olivier Baruch (8'30) - 1

Les pesticides sont présents à grande échelle dans les cours d’eau et les lacs. Telle est la conclusion du dernier rapport annuel de l’Institut français de l’environnement (Ifen) sur les pesticides dans les eaux. Cette étude, qui synthétise des informations recueillies en 2002, montre que les eaux de surface sont les plus polluées (des pesticides ont été retrouvés dans 80 % des points étudiés, contre 57 % dans les eaux souterraines).

Globalement, un quart des points d'eau potable analysés nécessiterait un traitement spécifique d'élimination des pesticides.

La situation est particulièrement sérieuse dans des départements d’outre-mer comme la Martinique et la Guadeloupe, où l’on a retrouvé dans l’eau des insecticides interdits depuis plus de dix ans… Des résultats jugés « préoccupants » par le ministère de l’Environnement, qui évoque une « contamination généralisée des eaux de surface et littorales » par certains pesticides en France.

 

 

 

  • Pesticides, kesako ?

Les pesticides, étymologiquement "tuer" (cide) les pestes (espèces jugées nuisibles) sont plus gentillement appelés produits phytosanitaires ou produits phytopharmaceutiques par les firmes productrices ou dans les textes réglementaires.

 

Pesticides, danger !
  •  

    Ce sont des poisons destinés à :

     

    - tuer les herbes spontanées dans les cultures : de fruits, de légumes et de céréales - dans des espaces de circulation : routes, cours, trottoirs, allées... - dans les pelouses, massifs...

    - tuer certains animaux dits "ravageurs", "parasites" ou "ennemis des cultures" : souris, rats, chenilles, vers, limaces, pucerons, altises...

    - à lutter contre les maladies des cultures : mildiou, oïdium, tavelure...

  • Un pesticide est composé de 2 types de substances :
     - une ou plusieurs matières actives : ce sont ces matières actives qui confèrent au produit l’effet poison désiré.
    Exemples de matières actives : le glyphosate que l’on trouve dans de très nombreux désherbants totaux, le métaldéhyde que l’on trouve dans la plupart des anti-limaces, l’isoproturon dans des désherbants céréales…
    - un ou plusieurs additifs : ces additifs renforcent l’efficacité et la sécurité du produit.
    Exemple : répulsif, vomitif, épaississant, anti-moussant, solvant …

    Seules les matières actives apparaissent dans la composition décrite sur l’emballage. C’est aussi le plus souvent des matières actives (et non des produits commerciaux) dont on parle dans les journaux comme l’atrazine (matière active de désherbant du maïs).

    La liste des pesticides et des matières actives autorisées sont disponibles sur : //e-phy.agriculture.gouv.fr/

  • Pulvérisateur

     

    Depuis le début de l'année 2010, des désherbants d'origine végétale sont apparus dans les rayons des magasins. Souvent présentés par les firmes comme les nouveaux désherbants écologiques, il n'en sont pas moins des produits dangereux (certains sont même classés Irritant (Xi) ou dangereux pour l’environnement (N)) et nous n'avons pas assez de recul pour connaître l'impact de ces produits sur l'environnement (surtout utilisés à fortes doses ou en grandes quantités).


    Ne vous y trompez pas, ils ne sont pas inscrits au cahier des charges de l'agriculture biologique et ne peuvent donc pas être appelés "bio".
    De plus, l'efficacité reste limité et ces produits sont vendus très chers.

    Au même titre que les insecticides biologiques, les désherbants d'origine végétale n'entrainent pas de modification des pratiques indispensable pour jardiner au naturel. La meilleure solution pour empêcher les herbes des pousser est de couvrir le sol !

BAYER, Pesticides et Agriculteurs

 

 

A Savoir...

 

  • Avec 12 millions de jardiniers amateurs (environ 60% des ménagés possèdent un jardin), la France se place au 1er rang européen en terme de marché.Environ la moitié des jardiniers amateurs utilise des produits phytosanitaires, soit engrais, herbicides, pesticides etc.
  • Nombre de points de ventes : 13000 ( GSA, jardineries,..)
  • Quantité de substances actives mises sur le marché : 10000 T/AN !Ceci représente environ 1/10eme du tonnage utilisé pour l'agriculture.
  • Pollution des eaux : les jardiniers amateurs seraient responsable pour 1/4 de la pollution des eaux et des nappes souterraines.
  • Pollution de l'air : les 3/4 du volume des bouillies appliquées seraient perdus lors de pratiques inopportunes (mauvaises conditions climatiques, topographies,..), provoquant un transfert de molécules de produits phytosanitaires vers l'atmosphère.
  • Les pesticides sont utilisés en masse dans l'agriculture française. Les victimes des pesticides les plus touchés sont les familles d'agriculteurs qui épandent jusqu'à 25 produits différents sur certains arbres fruitiers. Mais des résidus se retrouvent les assiettes de tout le monde.

    "Ce sont plus de 50% des fruits et des légumes produits par l'agriculture intensive qui contiennent des pesticides."

Quelques chiffres...

 

>Consommation de pesticides dans le monde : //www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/885-Consommation-de-pesticides-dans-le-monde.html

 

>Pesticides. Fruits et légumes les plus et moins pollués
//www.consoglobe.com/ac-alimentation-bio_3076_pesticides-fruits-legumes-pollues.html


>Kilos de pesticides phytosanitaires utilisés en France
//www.planetoscope.com/sols/47-Kilos-de-pesticides-phytosanitaires-utilises-en-France.html

 

 

>Des Polluants Organiques Persistants

Tous les pesticides organochlorés de première génération sont des POP (Polluants Organiques Persistants) dont voici les principales caractéristiques :

  • ils perdurent dans l'environnement
  • ils s'accumulent dans les graisses et via la chaîne alimentaire notamment chez les super-prédateurs comme l'Homme
  • ils sont dispersés dans l'environnement via les courants atmosphériques et marins
  • ils sont dangereux pour la santé : cancers, altération du système immunitaire, problèmes de reproduction...

12 POP ont été recensés par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et interdits dans de nombreux pays comme l'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis lors de la convention de Stockholm en mai 2001.
Bien que ces POP ne soient plus utilisés dans les pays industrialisés depuis plus de 20 ans, ils perdurent encore dans les écosystèmes et donc dans nos aliments.

De plus, les organochlorés interdits ont été remplacés par de nombreuses autres familles chimiques dont les organophosphorés moins persistant dans l'environnement mais plus toxiques.

>Une consommation planétaire, le cas de la France

Depuis 40 ans, les pesticides touchent tous les pays et les capacités de production des pays en voie de développement sont en pleine expansion.
Ainsi, les pesticides touchent massivement les zones rurales des PVD (Pays en Voie de Développement) où malformations, cancers, maladies congénitales, désordres du système nerveux déciment une population qui souffre déjà de nombreux maux.
Même si les pulvérisations se font petit à petit de plus en plus rares, il demeure des stocks importants de pesticides périmés :

  • 100 000 t en Afrique et au Moyen-Orient
  • 200 000 t en Asie
  • 200 000 t en Europe de l'Est avec la Russie.

Trop souvent, les pesticides sont abandonnés à ciel ouvert...
Pourquoi de telles quantités ? Manque d'équipements, d'informations, achats et dons trop importants, corruption avec les producteurs occidentaux qui se débarrassent à bas prix de leurs stocks de pesticides interdits vers les PVD. Une ONG américaine a ainsi estimé en 1995-1996 que 14 tonnes de pesticides interdits aux Etats-Unis étaient exportés par jour vers le Pakistan et le Vénézuela (SMITH C., ROOT E., 1999).

Au niveau mondial, les ventes augmentent ainsi que la toxicité des produits vendus. Ceci conduit nécessairement à une pollution généralisée des écosystèmes de notre planète.

 

 


En france l'eau de nos rivières subi des pollutions graves et de nature différente. Des pollutions agricoles et industrielles connues depuis des années aux pollutions chimiques modernes dont on ne mesure pas encore aujourd'hui les risques sanitaires pour l'homme. Une vidéo époustouflante qui fait réfléchir.. Video de ericabadou

 

>La consommation française de pesticides

En France, c'est l'Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) qui fournit les données sur la vente des pesticides sur le territoire. En 2006, 71 600 tonnes ont été commercialisées dont 90 à 94% étaient destinées à l'agriculture, le reste se partageant équitablement entre les usages amateurs et les usages collectifs (voirie, SNCF...).
La France, première puissance agricole européenne, est particulièrement consommatrice de pesticides puisqu'elle est le premier marché européen de pesticides et le 4e, au plan mondial, derrière les Etats-Unis, le Brésil et le Japon.


L'évolution de la consommation en France montre une diminution des tonnages de substances actives vendues depuis la fin des années 90. Ainsi, 120 500 tonnes de substances actives étaient commercialisées en 1999 contre 71 600 tonnes en 2006, soit une diminution de plus de 40 %. Toutefois, en 2007, 77 300 tonnes de substances actives ont été vendues, une hausse qui s'expliquerait notamment par des conditions climatiques défavorables, propices aux maladies et à l'apparition de nouveaux insectes ravageurs.

La France est également le pays d'Europe qui a le plus de substances autorisées sur le marché : environ 380 début 2007 (Agritox, 08/2007).

La consommation des insecticides et des fongicides tend à stagner au contraire des herbicides comme le Roundup® qui progresse régulièrement.

 

LES SOLUTIONS POUR L’EAU DU ROBINET ?


• Différentes méthodes sont utilisées pour l'élimination des pesticides : le charbon actif, l’oxydation par l'ozone et l'eau oxygénée, les procédés de filtration sur membranes ultrafines (ultrafiltration, nanofiltration...)

La solution majeure pour enrayer ce phénomène est la prévention : développement de pratiques agricoles plus raisonnées, modification des pratiques de désherbage des bordures d'autoroute, des talus et des voies ferrées, respect des périmètres de protection autour des points de captage.

 

  • État des lieux de la pollution des eaux par les produits phytosanitaires en France. 

>Source des données. 

Les données présentées ci-après sont extraites du rapport de l'Institut français de l'environnement (IFEN) sur « Les pesticides dans les eaux », publié en 2004 sur l'état des lieux en 2002.

En France, plus de 200 substances actives différentes de produits phytosanitaires sont observées dans les eaux superficielles et souterraines, à des teneurs variables, sans toutefois permettre de conclure sur les tendances globales d'évolution de la pollution.

>Méthode d'interprétation des données sur la qualité des eaux. 

Les teneurs en pesticides mesurées par des analyses de laboratoire sont interprétées de façon différente selon l'objectif de l'évaluation :

  • L'évaluation de la qualité des milieux (cours d'eau et plan d'eau) est faite grâce au Système d'Evaluation de la Qualité des Eaux (SEQ-Eaux), qui utilise des seuils sur 72 substances actives pour aboutir à un classement qui va de très bon à mauvais en fonction de l'impact sur la vie aquatique et la possibilité de fournir de l'eau potable.
  • L'évaluation de la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (eaux souterraines et eaux superficielles brutes) fait appel aux limites réglementaires définies dans le Code de la santé publique : voir le tableau ci-dessous.
Limites fixées par le Code de la santé publique pour les teneurs de pesticides à l'égard des eaux
destinées à la consommation humaine.
.
Niveau de traitement des eaux Substance active individuelle
(y compris les produits de dégradation)
Somme des substances actives
Eau pouvant être distribuée sans traitement spécifique
d'élimination des pesticides
≤ 0,1 μg/l (1) ≤ 0,5 μg/l
Eau nécessitant un traitement spécifique d'élimination
des pesticides avant distribution
0,1 μg/l < teneur < 2 μg/l 0,5 μg/l < teneur < 5 μg/l
Eau ne pouvant être utilisée qu'après l'autorisation
du ministère chargé de la santé, et après un traitement
d'élimination des pesticides.
> 2 μg/l > 5 μg/l

(1) sauf aldrine, dieldrine, heptachlore, heptachlore époxide : ≤ 0,03 μg/l.

 

 

>Concentration totale en pesticides dans les cours d’eau

En 2007, 453 pesticides différents ont été recherchés sur au moins une des 2023 stations de suivi de la qualité des cours d’eau. Ces stations, sous la responsabilité des agences de l’Eau, font majoritairement partie des programmes de surveillance mis en place avec la directive cadre sur l’eau (DCE). Elles comprennent également des stations issues de réseaux complémentaires mis en œuvre par certaines agences. Si le nombre total de substances recherchées a légèrement baissé par rapport à 2005 et 2006, la recherche des molécules suivies est plus systématique. Ainsi, 136 substances ont été recherchées sur plus de la moitié des points en 2007 contre 65 en 2007.

Concentration totale en pesticides dans les cours d’eau, moyenne annuelle 2007

Concentration totale en pesticides dans les cours d’eau, moyenne annuelle 2007

Source : agences de l'Eau – Meeddm, BD Carthage 2008.
Traitements : SOeS.

 

Des pesticides ont été décelés, en 2007, sur près de 91% des points de mesure.  Toutefois, une majorité de stations présente des concentrations totales en pesticides en moyenne annuelle inférieures à 0,5 µg/l.


Les stations au-delà de ce seuil se situent dans les régions céréalières, de maïsiculture ou de viticulture, notamment dans le bassin parisien, en Adour-Garonne et le long du Rhône.

Dix-sept stations présentent une moyenne annuelle supérieure à 5 µg/l, dont la plupart se situent sur le bassin Seine Normandie. Deux seulement font partie du réseau de contrôle de surveillance mis en œuvre au titre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), les autres dépendant de réseaux complémentaires.

 

Sur un peu plus de 9% des stations, aucun des pesticides recherchés n'a été décelé en 2007. Ces stations sont majoritairement situées dans les régions peu agricoles ou à agriculture peu intensive : quart Sud-est, Auvergne. Le nombre de pesticides recherchés sur ces stations varie, mais est souvent important : plus d’une centaine sur le bassin Rhin Meuse, de 50 à environ 300 substances en Loire Bretagne dans l’année, près de 90 en Rhône Méditerranée Corse.

>Qualité des milieux : eaux superficielles et eaux souterraines. 

  • Qualité des eaux superficielles. 

Le réseau d'observation sur les cours d'eau et les plans d'eau porte sur 624 points de mesure, avec au minimum 4 prélèvements par an, donnant les résultats suivants :

  • 3 % des points de mesure sans détection de pesticide.
  • 51 % des points de mesure considérés comme de qualité très bonne à bonne pour la vie des organismes aquatiques et la production d'eau potable.
  • 38 % des points de mesure considérés comme de qualité moyenne à médiocre.
  • 8 % des points de mesure considérés comme de qualité mauvaise, qui ne peut plus satisfaire la production d'eau potable ou les équilibres écologiques. Les principaux pesticides observés sur ces sites sont l'aminotriazole, l'atrazine, le diuron, le glyphosate, et l'isoproturon.
  • Qualité des eaux souterraines. 

Le réseau d'observation sur les eaux souterraines porte sur 1 078 points de mesure, avec au minimum 1 prélèvement par an, donnant les résultats suivants sur l'aptitude à fournir de l'eau potable :

  • 40 % des points de mesure sans détection de pesticide.
  • 35 % des points de mesure potentiellement utilisables sans traitement spécifique pour l'alimentation en eau potable.
  • 24 % des points de mesure potentiellement utilisables avec un traitement spécifique pour l'alimentation en eau potable.
  • 1 % des points de mesure ne pourraient pas être utilisés pour fournir de l'eau potable sans autorisation du ministère chargé de la santé.

En 2007, 497 pesticides différents ont été recherchés sur au moins un des 1 963 points de suivi de la qualité des eaux souterraines. Ces points sont issus des réseaux  de contrôle de surveillance et de contrôle opérationnel mis en œuvre par les agences de l’eau. Lorsque ces points sont utilisés pour la production d’eau potable, les données issues du contrôle sanitaire ont également été prises en compte.

L’effort de recherche progresse par rapport aux années précédentes, tant en nombre de substances recherchées au moins une fois - 447 en 2006 - qu’en fréquence de recherche – 155 substances recherchées sur plus de la moitié des points contre 117 en 2006.

Concentration totale en pesticides dans les eaux souterraines en 2007

Qualité des eaux souterraines vis-à-vis des pesticides dans les réseaux de connaissance générale et les réseaux phytosanitaires en 2006

Source : Agences de l'eau – Ministère chargé de la santé – BRGM, banque de données Ades, réseaux RCS et RCO.
Traitements : SOeS.

 

Sur 41% des points de suivi, la présence de pesticides n’a pas été mise en évidence. A contrario, des pesticides ont été détectés au moins une fois dans 59% des points suivis avec, dans la majorité des cas, une concentration totale moyenne faible (<0,1µg/l).

Toutefois, pour 22,2% des points d’eau, les concentrations moyennes en pesticides sont non négligeables (entre 0,1 et 0,5µg/l). Ces points sont localisés dans tous les secteurs cultivés, n’épargnant que les zones de socle : centre de la Bretagne et du massif central, Pyrénées, Alpes et Corse.

Pour 70 points, soit 3,8% des stations, les concentrations moyennes sont fortes, dépassant la norme de qualité de 0,5µg/l et atteignant 5µg/l, pour 2 d’entre eux.

>Qualité des eaux utilisées pour la fourniture d'eau potable. 

Eaux superficielles utilisées pour l'alimentation en eau potable. 

Le réseau d'observation sur les eaux superficielles utilisées pour l'alimentation en eau potable porte sur 838 points de mesure, avec au minimum 1 prélèvement par an, donnant les résultats suivants :

  • 41 % des prises d'eau de surface sans détection de pesticide.
  • 19 % des prises d'eau de surface avec des teneurs en pesticides qui ne nécessitent pas de traitement.
  • 39 % des prises d'eau de surface avec des teneurs en pesticides nécessitant un traitement spécifique.
  • 1 % des prises d'eau de surface qui ne permettent pas une utilisation sans autorisation du ministère chargé de la santé. Ces sites se trouvent dans les départements de la Manche, des Côtes-d'Armor, de la Mayenne, et du Gers.

Eaux souterraines utilisées pour l'alimentation en eau potable. 

Le réseau d'observation sur les eaux souterraines utilisées pour l'alimentation en eau potable porte sur 2 603 points de mesure, avec au minimum 1 prélèvement par an, donnant les résultats suivants :

  • 45 % des captages sans détection de pesticide.
  • 34 % des captages avec des teneurs en pesticides qui ne nécessitent pas de traitement.
  • 21 % des captages avec des teneurs en pesticides nécessitant un traitement spécifique.

>Principales substances actives de pesticides présentes dans les eaux. 

Détection et limite de quantification. 

Les analyses en laboratoire ont pour objectif de mesures la teneur dans l'eau des substances actives des produits phytosanitaires. Pour que la détection de la présence d'un produit soit possible, il est nécessaire que la teneur soit supérieure à la limite de détection. En deçà de cette limite, la concentration est trop faible pour que la molécule soit observée. La limite de quantification constitue un autre seuil important : en deçà de cette limite, la molécule peut éventuellement être détectée, mais sa concentration ne peut pas être déterminée. La valeur de la limite de quantification varie selon la substance active, la méthode d'analyse et le laboratoire. Par exemple, la limite de quantification pour l'atrazine varie entre 0,01 μg/L et 0,1 μg/L.
Néanmoins, ce que les analyses physico-chimiques ne permettent pas, l'étude de l'indice biologique global normalisé l'autorise : la détermination de présence et de la répartition des taxons bioindicateurs polluo-sensibles ou polluo-résistants est non seulement caractéristique d'une concentration, mais aussi d'une molécule polluante donnée.

Principales substances actives dans les eaux superficielles. 

Tous réseaux confondus, 408 substances ont été recherchées dans les eaux superficielles, et 201 (49 %) ont été détectées au moins une fois. Par ordre décroissant, les fréquences de détection dans les eaux superficielles sont les suivantes :

  • Atrazine ~ 55,2 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er octobre 2003.
  • AMPA ~ 51,4 % ~ Produit de dégradation du glyphosate (herbicide).
  • Atrazine-déséthyl ~ 46,9 % ~ Produit de dégradation de l'atrazine (herbicide).
  • Glyphosate ~ 36,5 % ~ Herbicide.
  • Diuron ~ 34,6 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er juillet 2003 des produits à base de diuron seul sur les cultures métropolitaines et les zones non agricoles.
  • 2-hydroxy atrazine ~ 25,3 % ~ Produit de dégradation de l'atrazine (herbicide).
  • Aminotriazole ~ 21,7 % ~ Herbicide.
  • Isoproturon ~ 21,2 % ~ Herbicide.
  • Bentazone ~ 12,6 % ~ Herbicide.
  • Terbuthylazine ~ 9,9 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 30 juin 2004 sur la vigne, et depuis le 1er octobre 2003 sur les autres cultures et les zones non agricoles.
  • Terbuthylazine déséthyl ~ 9,5 % ~ Produit de dégradation de la terbuthylazine (herbicide).
  • Simazine ~ 9,6 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er octobre 2003.
  • Métolachlore ~ 9,0 % ~ Herbicide.
  • Oxadixyl ~ 8,1 % ~ Fongicide.
  • Chlortoluron ~ 7,7 % ~ Herbicide.
  • Alachlore ~ 4,8 % ~ Herbicide.
  • Lindane ~ 4,6 % ~ Insecticide ~ Utilisation interdite depuis 1998.

Les herbicides sont donc les produits phytosanitaires les plus fréquemment détectés dans les eaux superficielles. Le constat des niveaux de pollution a entraîné l'interdiction de la vente et de l'utilisation de plusieurs de ces produits.

Principales substances actives dans les eaux souterraines. 

Tous réseaux confondus, 373 substances ont été recherchées dans les eaux souterraines, et 123 (33 %) ont été détectées au moins une fois. Par ordre décroissant, les fréquences de détection dans les eaux souterraines sont les suivantes :

  • Atrazine-déséthyl ~ 47,4 % ~ Produit de dégradation de l'atrazine (herbicide).
  • Atrazine ~ 39,5 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er octobre 2003.
  • Terbuthylazine déséthyl ~ 20,8 % ~ Produit de dégradation de la terbuthylazine (herbicide).
  • Simazine ~ 12,0 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er octobre 2003.
  • Atrazine déisopropyl ~ 11,0 % ~ Produit de dégradation de l'atrazine (herbicide).
  • 2-hydroxy atrazine ~ 8,1 % ~ Produit de dégradation de l'atrazine (herbicide).
  • Diuron ~ 6,4 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 1er juillet 2003 des produits à base de diuron seul sur les cultures métropolitaines et les zones non agricoles.
  • Terbuthylazine ~ 4,5 % ~ Herbicide ~ Utilisation interdite depuis le 30 juin 2004 sur la vigne, et depuis le 1er octobre 2003 sur les autres cultures et les zones non agricoles.
  • Oxadixyl ~ 4 % ~ Fongicide.
  • Aminotriazole ~ 3,6 % ~ Herbicide.
  • Chlortoluron ~ 3 % ~ Herbicide.
  • Glyphosate ~ 2,7 % ~ Herbicide.
  • Bentazone ~ 1,8 % ~ Herbicide.
  • Isoproturon ~ 1,9 % ~ Herbicide.
  • Lindane ~ 0,7 % ~ Insecticide ~ Utilisation interdite depuis 1998.

Les herbicides sont également les produits phytosanitaires les plus fréquemment détectés dans les eaux souterraines. Les produits de dégradation sont toutefois plus fréquents que dans les eaux superficielles, du fait de la durée de la migration de ces produits depuis la surface.

 

>Respect des normes en pesticides dans les cours d’eau

Des normes de qualité environnementales (NQE) ont été fixées, par les autorités européennes ou nationales, pour 18 substances phytosanitaires ou pesticides, afin de les prendre en compte dans l’évaluation de l’état des cours d’eau au titre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE).

Respect des normes en pesticides dans les cours d’eau en 2007

Qualité des cours d’eau vis-à-vis des pesticides dans les réseaux de connaissance générale et les réseaux phytosanitaires en 2006

Source : Agences de l'Eau – Meeddm, BD Carthage 2008.
Traitements : SOeS.


On observe des dépassements de normes pour la moitié des substances. Les substances provoquant le plus grand nombre de dépassements sont le diuron,  l’isoproturon et dans une moindre mesure,  l’alachlore et  l’hexachlorocyclohéxane (en raison des concentrations en lindane, isomère gamma).
Toutefois, dans de nombreux cas, les limites de quantification pratiquées par les laboratoires en 2007 sont incompatibles avec les normes de qualité, fixées a posteriori, et ne permettent pas de statuer sur le niveau de contamination (sept pesticides présentent au moins 20% de stations non qualifiées).

 

Pour une station donnée, il suffit d’un seul pesticide ne respectant pas la ou les norme(s) associée(s) pour qu’elle soit déclassée. 200 stations au total, soit 11% des 1 822 étudiées, présentent au moins un pesticide dépassant sa ou ses norme(s) de qualité environnementale.Le quart de ces 200 stations hors norme au niveau national se trouve en région Ile de France. Cette région est la plus touchée avec près de 47% des stations de son territoire ne respectant pas les normes de qualité environnementale. Les autres régions les plus touchées sont le Nord-Pas de Calais (43% des stations hors normes), les Pays de la Loire (26%) et le Centre (20%). Ce diagnostic doit être relativisé par le fort taux de stations pour lesquelles il n’est pas possible d’émettre un avis. Ainsi, la totalité des stations des régions Limousin et Corse sont dans ce cas.

 

>Respect des normes en pesticides dans les eaux souterraines

Des normes de qualité (NQ) ont été fixées au niveau européen afin de prendre en compte les substances phytosanitaires dans l’évaluation de l’état des eaux souterraines au titre de la directive cadre sur l’eau (DCE).

Les normes de qualité pour les pesticides dans les eaux souterraines portent à la fois sur :
- la moyenne annuelle de la concentration totale en pesticides, qui doit être inférieure à 0,5µg/l ;
- la concentration moyenne annuelle par substance, qui doit être inférieure à 0,1µg/l à l’exception de quatre substances (aldrine, dieldrine, heptachlore et heptachlore epoxyde) pour lesquelles la norme est de 0,03µg/l.

Le non respect de l’une ou de l’autre de ces conditions, et qui plus est, le non respect concurremment de ces deux conditions, entraînent une non conformité du point d’eau.

Respect des normes en pesticides dans les eaux souterraines en 2007


Source : Agences de l'eau – Ministère chargé de la santé – BRGM, banque de données Ades, réseaux RCS et RCO.
Traitements : SOeS.

 

Les normes de qualité dans les eaux souterraines sont respectées pour 82,2% des points d’eau considérés. Environ 14% des stations présentent au moins une substance dont la concentration moyenne en 2007 est supérieure à la norme de qualité correspondante, alors que les concentrations moyennes en « pesticides totaux » restent conformes à la norme de qualité en ces mêmes stations.

3,8% des points ne respectent pas les normes de qualité tant pour la concentration totale en pesticide que par substance. Le dépassement de la norme sur la concentration totale en pesticides s’accompagne systématiquement d’un dépassement de norme pour au moins une substance.

 

L’atrazine déséthyl, métabolite de l’atrazine, est de loin, avec 11,4% des points de mesure concernés, la première cause de non-conformité des eaux souterraines. Le couple atrazine / atrazine déséthyl représente près de 60% du total des cas de non-conformité. Quant au couple simazine/atrazine déisopropyl, il représente 6% des non-conformités.

L’AMPA et sa molécule mère le glyphosate sont responsables de 9% de l’ensemble des cas de non-conformité.

A l’exception de l’AMPA et du glyphosate, les principaux métabolites sont plus fréquemment responsables des dépassements de norme que leurs molécules mères.

Pour une soixantaine de molécules, les limites de quantification pratiquées par les laboratoires d’analyses sont parfois supérieures à la norme de qualité. Dans ce cas, il n’est pas possible, pour la substance concernée, de statuer sur le respect ou non de la norme. Pour certaines d’elles, l’impact est limité car le nombre de stations concernées est faible. En revanche, le problème est plus important pour une douzaine de substances suivies sur un nombre significatif de points. Pour ces substances, le pourcentage de stations sans avis possible est compris entre 19 et 100%.

 

>Les molécules les plus rencontrées dans les cours d’eau et les eaux souterraines

Le pourcentage d’analyses pour lesquelles la présence de pesticides a été mise en évidence par rapport au nombre total d’analyses menées sur une substance (fréquence de quantification) permet d’établir le classement des 15 pesticides les plus fréquemment rencontrés.

Pesticides les plus quantifiés dans les cours d’eau en 2007

En % d'analyses quantifiées de la substance

Les principales molécules quantifiées dans les cours d’eau en 2006

Note : * molécules interdites en 2007 ; en violet : les métabolites ; en bleu foncé : les substances dotées de normes de qualité environnementale (NQE).
Source : Agences de l'eau.
Traitements : SOeS.

 

Les 15 pesticides les plus quantifiés dans les cours d’eau en 2007 sont tous des herbicides ou leurs dérivés.

Le diuron, substance classée comme prioritaire et dangereuse, est fortement quantifié et présent sur tout le territoire. Les fréquences de recherche du glyphosate, de l’AMPA et de l’aminotriazole ont diminué en 2007 suite à la réorganisation des réseaux de surveillance. Malgré tout, les fréquences de quantification restent importantes pour le glyphosate et son métabolite. Présente en 2007 sur plus de 13% des stations, l’atrazine, interdite depuis fin 2003, prouve à nouveau sa forte persistance dans le milieu et sa lente dégradation. Interdit à la même période, le métolachlore est également quantifié sur près de 12% des stations.

Deux tiers des 15 substances les plus rencontrées ne sont pas couvertes, à ce jour, par des normes de qualité environnementales (NQE).

Pesticides les plus quantifiés dans les eaux souterraines en 2007

En % d'analyses quantifiées de la substance

Les principales molécules quantifiées dans les eaux souterraines

Note : * molécules interdites en 2007 ; en violet : les métabolites.
Source : Agences de l'eau – Ministère chargé de la santé – BRGM, Ades. Traitements : SOeS

 

Les eaux souterraines se distinguent nettement des cours d’eau par des fréquences élevées de quantification concentrées sur peu de substances - ce qui traduit une moindre dispersion des pesticides - et par une présence importante de produits interdits et de leurs métabolites.

Ainsi, 5 pesticides interdits font encore partie en 2007 des molécules les plus quantifiées dans les eaux souterraines. Ce sont tous herbicides : atrazine (interdit en 2003), simazine (interdit en 2003), oxadixyl (interdit en 2003), métolachlore (interdit en 2004), terbuthylazine (interdit en 2003).

Ceci s’explique par des temps de migration des molécules vers les eaux souterraines plus importants que vers les cours d’eau. Par ailleurs, le temps de renouvellement des eaux souterraines, plus ou moins important selon les nappes, joue également un rôle. Les temps de résidence des produits pesticides dans les nappes peuvent atteindre parfois plusieurs années, les molécules mères ayant ainsi le temps de se dégrader ou de se transformer en leur métabolite.

C’est ainsi que sur les 15 molécules pesticides les plus quantifiées dans les eaux souterraines en 2007, 7 sont des produits de dégradation ou métabolites (contre 2 en cours d’eau). Leurs taux de quantification sont souvent supérieurs à ceux de leurs molécules mères, à l’instar de l’atrazine-déséthyl, quantifiée à près de 43%, alors que sa molécule mère l’atrazine ne l’est qu’à 27%. Le même phénomène est observé pour la terbuthylazine déséthyl, produit de dégradation de la terbuthylazine, ou pour l’AMPA, métabolite du glyphosate.

  • L'usage des produits phytosanitaires

Les produits phytosanitaires ou "produits de protection des plantes" sont surtout utilisés en agriculture pour protéger les plantes cultivées contre les organismes nuisibles et les accidents physiologiques. Ils forment, avec les biocides, l'ensemble des substances dites pesticides.

Les produits phytosanitaires comprennent principalement :

  1. les insecticides,
  2. les herbicides,
  3. les fongicides (protection contre les champignons)
  4. les régulateurs de croissance.

 

 Les produits de ce type actuellement utilisés en France sont commercialisés sous forme de 6 000 préparations issues d’environ 400 matières actives, auxquelles sont associés des adjuvants. Environ 10 % du tonnage des produits phytosanitaires commercialisés en France sont utilisés en dehors de l'agriculture pour l'entretien des espaces verts, des jardins privatifs, des routes et voies ferrées.

La procédure d’autorisation de mise sur le marché, définie en France par la loi du 2 novembre 1943, a été harmonisée au niveau communautaire par la directive européenne 91/414/CEE du 15 juillet 1991, transcrite en droit français par le décret n° 94-359 du 5 mai 1994.

Ainsi, pour être commercialisée, toute matière active doit, après évaluation, être inscrite sur une liste positive communautaire. L’autorisation d’usage de produits commerciaux (préparations contenant ces substances actives) est accordée par chaque État membre.

>Évolution des tonnages de substances actives vendues en France

en milliers de tonnes, France métropolitaine

Évolution des tonnages de substances actives vendues en France
Source : UIPP (Union des industries de la protection des plantes), regroupement par l'Ifen.


La directive précitée impose que les substances actives autorisées avant 1993 soient réévaluées pour être inscrites sur la liste positive communautaire, si elles satisfont aux exigences en vigueur actuellement. Ce processus de révision est en cours, entraînant la suppression d’environ la moitié des 800 substances anciennement mises sur le marché.

Cette procédure tend progressivement à substituer des matières actives nouvelles, efficaces à plus faible dose et au profil écotoxicologique plus favorable, à des molécules anciennes présentant des risques non négligeables vis-à-vis de la santé humaine, de la faune et de la flore. Cette évolution est nette pour les insecticides ; elle semble se profiler pour les herbicides et fongicides organiques, mais la forte variation interannuelle des tonnages mis en œuvre la rend encore peu significative. L’usage de fongicides minéraux, composés du soufre et du cuivre largement appliqués sur la vigne, paraît diminuer ces dernières années.

L’enquête sur les pratiques culturales réalisée en 1994 et 2001 par le Scees montre que pour les grandes cultures, les agriculteurs ont sensiblement diminué les doses de produits appliqués d’une campagne à l’autre, mais effectuent un nombre de passages plus élevé et utilisent plus fréquemment des mélanges de produits.


Évolution des doses de matières actives phytosanitaires appliquées annuellement sur le blé tendre

en g/ha

Évolution des doses de matières actives phytosanitaires appliquées annuellement sur le blé tendre

Note : * (F) = fongicide, (H) = herbicide, suivi du nombre de millions d’hectares sur lesquels ont été appliqués les produits en 2001.

Source : ministère de l’Agriculture et de la Pêche (Scees - enquête pratiques culturales).

 

La taxe générale sur les activités polluantes mise en place en 2000 sur les produits phytosanitaires, différenciée selon un classement toxicologique (niveau de toxicité humaine) et écotoxicologique (niveau de toxicité environnementale), est aussi un facteur d’incitation à utiliser des substances à moindre impact. Toutefois, le signal paraît pour l’instant peu perceptible car elle est acquittée par les importateurs et fabricants de produits phytosanitaires, qui ne transmettent pas intégralement aux consommateurs le montant de la taxe ni l’information correspondante. Cette taxe représente environ 2 % du chiffre d’affaires des firmes.

 

>Une réponse aux nouveaus insectes ravageurs

L'UIPP a souligné récemment, dans le cadre du groupe de travail "environnement" de la commission des affaires économiques de l'environnement et du territoire, que plus de 40 nouveaux insectes ravageurs ont été introduits en France entre 2000 et 2005. Ceci, notamment à cause du réchauffement climatique en cours.

>Une pollution planétaire

Les résidus industriels chimiques et les pesticides sont transportés sur des milliers de kilomètres via le cycle de l'eau et les masses d'air comme en témoigne la contamination des Inuits du Grand Nord Canadien qui vivent pourtant de chasse et de pêche. Les bébés inuits nourris au sein développent jusqu'à quinze fois plus d'otites que ceux du Québec Sud (DEWAILLY E. et al, 2000).
En 1989, l'OMS estimait que les pesticides étaient à l'origine d'un million d'empoisonnements graves et de 220 000 morts par an dans le monde. En août 2007 la célèbre revue médicale "The Lancet" publie même une étude montrant que le suicide aux pesticides fait 300 000 morts par an dans les campagnes asiatiques. Les pays développés qui utilisent 80% des quantités de pesticides ne comptent que la moitié des cas d'intoxication.
Les troubles aigus concernent principalement les muqueuses, la peau, le système digestif et le système respiratoire.

>Les pesticides présents dans tous les écosystèmes

Avec des décennies d'agriculture industrielle polluante, des millions de tonnes de pesticides ont été déversées sur les cultures en France, intégrant toutes les composantes de la biosphère : eau, sol, air, végétation, animaux et Homme.
Ainsi, 96% des eaux de surface et 61% des nappes phréatiques en contiennent (IFEN, 09/2006). Ce qui nuit à la qualité de l'eau potable au robinet, mais aussi à quelques eaux de sources et minérales vendues en bouteille.
La Concentration Maximale Admissible (CMA) pour les pesticides dans l'eau distribuée au robinet est de 0,1 µg/l/pesticide et de 0,5 µg/l pour tous les pesticides selon la réglementation européenne (directive 98/83/CE). Cette valeur est dépassée pour des millions de français chaque année (Ministère de la Santé).

L'eau de pluie et le brouillard peuvent contenir respectivement de 0,1 µg/l jusqu'à 14 µg/l de pesticides d'après des relevés de l'INRA (Environnement Magazine, 2000). Une étude d'AirParif de 2007 a même retrouvé une vingtaine de pesticides différents dans l'air de Paris !
En effet, lors de la pulvérisation sur les cultures, on estime que 25 à 75%, voire plus, des quantités se dispersent dans l'atmosphère.

 

  • Mesures de réduction du risque de pollution des eaux par les produits phytosanitaires. 

>Origine de la contamination des eaux. 

Les contaminations peuvent être :

  • ponctuelles, lors de la manipulation des produits, du remplissage ou du rinçage des pulvérisateurs,
  • diffuses, après l'application des produits, soit par ruissellement vers les eaux de surface, soit par infiltration vers les eaux souterraines.

La réduction des risques de pollution ponctuelle nécessite le respect des bonnes pratiques agricoles avant, pendant et après l'application du traitement.

Il convient d'ajouter que l'utilisation de désherbants à usages autres qu'agricoles contribue aussi à la pollution des eaux par les produits phytosanitaires : les services espaces verts des municipalités, les jardiniers amateurs, la SNCF, les DDE, les golfs, les VNF (Voies Navigables de France), les terrains de l'armée, etc. sont aussi des utilisateurs non négligeables. D'autant plus que les surfaces traitées sont soit très peu perméables, soit très drainées et en contact presque direct avec les réseaux d'eaux superficielles.

Les zones non agricoles (ZNA) représentent près de 10 % des tonnages de produits utilisés (substances actives). Les transferts de produits des zones traitées vers les eaux superficielles sont supérieurs aux transferts généralement observés en parcelles agricoles, les agriculteurs étant très sensibilisés au respect des doses et aux conditions optimales de traitement (notamment en fonction des conditions météorologiques).

 

>Contaminations et expositions

 

La description des mécanismes de contamination de l'environnement concerne principalement les applications agricoles. L'utilisation des produits biocides, les applications de pesticides par des appareils manuels ne sont pas évoquées ici. Toutefois la plupart des mécanismes décrits ici sont transposables à ces denières applications.

 

En agriculture, la plupart des pesticides sont appliqués à partir de rampes de pulvérisation montées sur des tracteurs, mais des applications aériennes (par avion ou hélicoptère) peuvent également être mises en œuvre.  Trois phénomènes distincts sont à l'origine de la présence des produits phytosanitaires dans l'air.  Soit les départs dans l'atmosphère se font dès les traitements, on parle de dérive (ou spray-drift), les gouttelettes les plus fines peuvent rester en suspension dans l'air et voyager sur de longues distances ; soit, leur présence dans l'air est due à l'érosion éolienne des sols traités (c'est-à-dire au transfert par le vent sous forme de particules de sols ou de poussières contaminées). Enfin, il est important de signaler l'existence de phénomènes plus complexes de transfert, sous forme gazeuse à partir des plantes ou du sol traités, la volatilisation.

 

Le couvert végétal, la nature du sol, les conditions climatiques lors de l'application et les propriétés physico-chimiques des composés sont autant de facteurs qui influencent ces mécanismes et affectent par la même occasion les transferts de produits vers l'atmosphère. Ces différentes voies de passage des pesticides vers l'atmosphère peuvent impliquer des proportions variables des quantités de produits appliqués.

 

Une fois dans le compartiment aérien, les pesticides sont dégradés, principalement sous l'effet des rayonnements lumineux, mais ils peuvent néanmoins être transportés parfois sur de longues distances avant de retomber sous forme humide dans les pluies, les neiges ou les brouillards. L'atmosphère constituant une voie majeure pour le transport de ces composés dans l'environnement, il serait illusoire de penser que les régions d'agriculture intensive sont les seules concernées. Ainsi, ces polluants, qui voyagent par l'intermédiaire des mouvements des grandes masses d'air, vont pouvoir contaminer l'ensemble d'un territoire, y compris le milieu urbain.

 

Tôt ou tard, la plupart des pesticides arrivent sur le sol où ils sont soumis à un ensemble de mécanismes conditionnant leur devenir et leur dispersion vers les autres compartiments de l'environnement. Ces processus peuvent être biologiques ou abiotiques et concernent leur transformation (métabolisme par les microorganismes, photolyse, catalyse...), leur rétention (absorption par les végétaux ou la microflore du sol, et d'un certains nombres de processus physico-chimiques conduisant à la création de liaisons, plus ou moins réversibles, entre le pesticides et les constituants du sol) et leur transport (par les végétaux ou par la flore, par lixiviation, lessivage ou ruissellement ce qui pourra conduire à la contamination des eaux de drainage, des eaux de surfaces ou des nappes phréatiques).  

 

>>>En Bretagne, un pesticide éradique toute vie aquatique
Par Agnès Rousseaux (23 novembre 2010):

  

Un champ de salades, un pesticide ultra puissant, un agriculteur imprudent, des pluies un peu fortes. Il n’en fallait pas plus, ce 23 octobre dernier, pour éradiquer toute vie aquatique sur 12 kilomètres d’un cours d’eau du Finistère, près de Roscoff. Une affaire qui remet en lumière le rôle néfaste des pesticides : en France, 96% des rivières contiennent ces produits chimiques.


 

Cela pourrait entrer dans le livre des records : 130 tonnes de truites décimées en un petit quart d’heure, dans une pisciculture bretonne. L’hécatombe a permis de détecter une nouvelle catastrophe écologique, le 23 octobre dernier. Le cours d’eau Le Guillec, dans le Finistère, près de Roscoff, a été pollué sur plus de 12 kilomètres. Tous les poissons d’eau douce sont morts, jusqu’à l’estuaire. En cause : le traitement d’une parcelle agricole, où poussent des salades, par un produit chimique, le Trimaton extra (il porte bien son nom...), à proximité de cette rivière du Haut-Léon. Que s’est-il passé ? A priori pas de surdosage dans l’utilisation du pesticide par l’agriculteur. Mais les fortes pluies qui ont suivi l’épandage du produit phytosanitaire semblent avoir aggravé la situation. L’association Eau & Rivières de Bretagne et trois communes voisines ont décidé de porter plainte pour éviter que cette affaire ne soit classée sans suite.


« Cette pollution n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de pratiques imprudentes dans l’utilisation de produits chimiques extrêmement dangereux pour l’eau, pour les sols, et pour tous les organismes vivants », s’indigne Eau et rivières. « Au-delà de la négligence de l’agriculteur qui n’a pas pris garde à la météo, ce n’est pas possible qu’on puisse homologuer un produit, si la moindre pluie provoque ce genre de situation », ajoute Arnaud Clugery, délégué départemental de l’association. L’utilisation du pesticide demande d’inonder auparavant le terrain sur une profondeur de 10 cm, avec un système de drains qui a, dans ce cas, été installé dans le sens de la pente. « On ajoute un facteur de danger : le sol est en condition d’érosion maximum avant l’épandage du pesticide. »


Un pesticide reconnu comme cancérigène


Le collectif « Les amis du Guillec et de la baie de Sieck » a lancé une pétition : « Au delà de la pollution du Guillec, arrêtons la stérilisation des sols !!! ». Objectif : relancer le débat sur l’interdiction des pesticides. Pour le collectif, les finalités du traitement de cette parcelle agricole sont inquiétantes, puisqu’il s’agit de stériliser totalement le sol sur une épaisseur de quelques dizaines de centimètres, « afin qu’il n’y ait plus aucune mauvaise herbe, plus aucun insecte, plus aucun champignon, plus aucun ver de terre qui vienne nuire à la production ». Et cela avant semer de la mâche. Le collectif s’insurge contre ce type de méthode, de plus en plus utilisée, où l’on détruit toute vie du sol, « ce dernier ne servant plus que de substrat inerte. »


Le Trimaton extra est commercialisé par la société CEREXAGRI, vendue en 2007 par Arkema - ancienne filiale de Total - à l’entreprise indienne United Phosphorus Limited (UPL), un des plus gros producteurs indiens de produits phytosanitaires. Fongicides, insecticides, herbicides sont notamment produits sur quatre sites français . Le Trimaton extra contient du dimethyl dithiocarbamate de sodium (ou Metam sodium). C’est l’un des pesticides les plus utilisés aux États-Unis (25.000 tonnes par an). Pourtant la substance active fait partie de la liste des cancérigènes « probables » recensés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) états-unienne.


Un produit néfaste pour l’environnement aquatique


L’État de Californie va plus loin et considère le metam sodium comme toxique d’un point de vue du développement. Le produit est également inscrit sur la liste des cancérigènes avérés, « California Prop 65 Known Carcinogens », et sur celle des « perturbateurs de la reproduction ». L’inscription sur cette liste par l’Agence de protection environnementale de Californie est « basée sur une identification formelle par les autorités publiques que la substance chimique entraîne une toxicité reproductive ».

Côté français, les choses sont moins claires : le site Agritox de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) fait état d’un « effet cancérigène suspecté » et de « preuves insuffisantes chez l’homme ». Le produit est cependant considéré comme « dangereux pour l’environnement », « très toxique pour les organismes aquatiques », et pouvant « entrainer des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique »…


Des cancers au bout d’un mois d’exposition


Les études de toxicité sont inquiétantes. Sur le développement des lapins par exemple : à forte dose, la substance chimique provoque des malformations congénitales - méningocèle (malformation congénitale avec absence de fermeture de la colonne vertébrale) et anophtalmie (absence d’un ou des deux yeux à la naissance) - et une ossification incomplète. De quoi décourager toute envie de pêcher des poissons à proximité des zones d’épandage du pesticide ou de manger les productions végétales qui ont subi ce traitement.

L’agence de protection de l’environnement états-unienne précise qu’en raison de la volatilité du metam sodium dans l’air, « aucun résidu n’est attendu dans l’alimentation » ou dans l’eau. Dans les usages agricoles, le metam sodium devient un gaz volatile (le methyl isothycyanate, ou MITC) peu après son application. Ce gaz est considéré par l’EPA comme « extrêmement toxique pour les mammifères, les oiseaux, les invertébrés aquatiques et les poissons ». Un rapport du Bureau du programme des pesticides de l’EPA décrit le gaz MITC comme pouvant « migrer des champs vers des lieux où le public vit, travaille, joue ». Or une « métaplasie des tissus de l’appareil respiratoire, une lésion souvent associée au cancer, a été observée après seulement 28 jours d’exposition de rats au MITC ».


Des pesticides dans l’eau de pluie


D’après l’Institut français de l’environnement (IFEN), 96% des eaux de surface (rivières, étangs...) et 61% des eaux souterraines analysées en France contiennent des résidus de pesticides. Même les eaux de pluie sont touchées : des stations de mesure installées par l’INRA de Rennes ont révélé que presque tous les échantillons contenaient des pesticides. 60% d’entre eux dépassent même les 0,1µg/l, la Concentration maximale admissible (CMA) pour l’eau de distribution.

Ces mesures montrent une dispersion importante des pesticides dans les milieux aquatiques. Le désastre écologique du 23 octobre sur les bords du Guillec a permis de mesurer l’ampleur de la toxicité du pesticide concerné. Combien d’accidents de ce type ont lieu chaque année en France ? Et combien de pollutions invisibles mais tout aussi dangereuses sont provoquées par les pesticides ?

 

//www.bastamag.net/article1288.html

 
 
 
  • Les voies d'exposition de la population aux pesticides

 

 Alors que les sources d'exposition professionnelle aux pesticides découlent directement de l'emploi qui en est fait (production, traitement des cultures ou des animaux, programmes de santé, etc.), la population générale est essentiellement exposée au travers de son alimentation et de son environnement. L'exposition par l'alimentation concerne certains aliments traités et l'eau dans une moindre mesure compte tenu des exigences de qualité de la réglementation. La contamination de l'environnement expose tout un chacun à des niveaux de pesticides variables et souvent difficiles à apprécier.

 

  • Effets aigus

 

Les pesticides peuvent avoir des effets aigus et/ou chroniques. Les principales connaissances sur les effets aigus des pesticides chez l’homme – c'est-à-dire se manifestant rapidement après exposition – sont issues d’observations rapportées en milieu professionnel et des cas d’intoxications documentés par les centres antipoison.

 

 

Les pesticides peuvent pénétrer dans l'organisme par contact cutané, par ingestion et par inhalation. Les manifestations peuvent se limiter à des signes locaux : irritations cutanéo-muqueuses, réactions allergiques cutanées ou oculaires, vomissements, toux, gène respiratoire ou bien traduire l’atteinte d’un ou plusieurs organes ou systèmes : foie, rein, système nerveux central… On parle alors d’effets systémiques. L'intoxication massive peut avoir des conséquences graves, parfois mortelle.

 

 

Surveillance des cas d'intoxications par les pesticides

En 1999, une enquête de la Mutualité sociale Agricole (MSA) a montré qu’un utilisateur de produits phytopharmaceutiques sur 5 a ressenti des troubles (irritations de la peau, problèmes respiratoires, vomissements, maux de tête…) au moins une fois dans l’année écoulée. Il est souvent difficile d’établir un lien entre les troubles rapportés et les produits phytosanitaires car ces professionnels sont exposés à des mélanges ; de plus toutes les victimes n’ont pas le réflexe de signaler leurs symptômes, ce qui entraîne certainement une sous-estimation de l’incidence de ces effets adverses.

Depuis 2004, la MSA met à disposition des utilisateurs de produits phytosanitaires un numéro vert qui leur permet de signaler leurs symptômes, gratuitement et de manière anonyme: le 0 800 887 887.

Phyt’Attitude est un outil majeur de connaissance des effets des produits phytopharmaceutiques chez l’homme. Il permet ainsi de repérer les produits les plus fréquemment mis en cause.

Le dispositif Phyt’Attitude, repose sur un réseau de spécialistes : médecins du travail, conseillers en prévention et experts toxicologues, chargés de recenser, analyser et valider les informations sur les troubles de la santé liés à l’utilisation professionnelle des phytosanitaires : symptômes ressentis pendant ou après traitement, circonstances d’utilisation de ces produits.

Basé sur les observations 2002-2003, le dernier bilan montre que deux fois sur trois les produits phytopharmaceutiques sont à l’origine des troubles signalés. Les plus dangereux en matière d’intoxication sont les produits classés réglementairement toxiques T et T+. Les pesticides organophosphorés et les carbamates anticholinestérasiques sont à l’origine des cas d’intoxications les plus fréquents.

Les troubles observés concernent principalement les muqueuses et la peau (40 % des cas étudiés), le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire (20 %), puis le reste de l'organisme (24 %). À la suite de ces incidents lors du travail agricole, plus des deux tiers des victimes ont dû consulter un médecin. Parmi les utilisateurs recensés dans cette banque de données de la MSA, 13 % font état d'une hospitalisation consécutive à l'utilisation de produits phytosanitaires et 27 % ont du recourir à un arrêt de travail momentané. 

Les centres anti-poison et de toxicovigilance (CAP-TV) recueillent un grand nombre d’intoxications par les pesticides. Elles représentent, selon les centres, de 3 à 8 % de leur activité soit 5 000 à 10 000 cas annuels en France. Les jeunes enfants sont aussi fréquemment victimes d’intoxications par les pesticides,
 à la suite d’ingestions accidentelles ou après contact cutané ou oculaire.

 

  • Effets retardés

Les effets retardés sont plus difficiles à repérer que les effets aigus. Depuis près de trente ans, les maladies potentiellement liées aux expositions à long terme aux  pesticides sont essentiellement étudiées dans les populations professionnellement exposées.

La détermination des impacts des pesticides sur la santé repose sur la mise en évidence d’effets chez les personnes exposées par rapport à des personnes non exposées (on parle d’approche épidémiologique). Cette approche permet d'étudier l'impact des différents facteurs (comportements, habitudes de vie...) sur la survenue d'une maladie.


La plupart des connaissances épidémiologiques sont issues de comparaisons entre les agriculteurs et les autres catégories socio-professionnelles. Les travaux les plus nombreux concernent les cancers, mais les épidémiologistes travaillent également sur des liens possibles entre les pesticides et les troubles de la reproduction ou entre les pesticides et les troubles neurologiques.

 

Il existe peu de publications  françaises ou européennes sur le sujet, les principaux travaux ayant été conduits en Amérique du Nord. Toutefois, depuis quelques années, des études de ce type ce sont mises en place en France et devraient permettre d'améliorer notre connaissance sur les effets retardés dûs à une exposition aux pesticides

 

  1. Cancérogénicité

Chez les agriculteurs, malgré une espérance de vie plutôt supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par maladies cardiovasculaires et par cancer en général, il semblerait que la mortalité et l’incidence de certains types de cancers soient augmentées. Il s’agirait en général de cancers peu fréquents voire rares tels que les cancers des lèvres, des ovaires, du cerveau ou de la peau.


Une association significative avec l’utilisation des pesticides a été retrouvée par certains auteurs pour certaines localisations tumorales. Toutefois, il n’est pas exclu que d’autres facteurs de risque, présents en milieu agricole, puissent jouer un rôle dans les associations trouvées tel le tabagisme (cancer des lèvres), le rayonnement solaire (cancer des lèvres, mélanome), l’alimentation (cancers de la prostate, de l’estomac), des virus (lymphomes, cancer de la prostate, myélomes…). Les études mettant en cause certaines classes spécifiques de produits sont très rares.

 

Un accroissement du risque de cancer chez les enfants exposés à des pesticides avant la naissance ou pendant l’enfance est souvent évoqué. L’exposition pourrait provenir du travail agricole des parents ou de contaminations domestiques de l’habitat ou de l’alimentation. L’exposition des enfants aux pesticides a été le plus souvent associée aux tumeurs cérébrales et aux leucémies. Malgré cela, il n'existe aujourd'hui aucun consensus sur l’existence d’une augmentation du risque de cancer, en particulier en raison des incertitudes liées à la détermination des expositions aux pesticides et du manque de données expérimentales sur les mécanismes biologiques impliqués.

 

Etude AGRICAN (AGRiculture et CANcers)

 

Il s'agit d'une vaste étude qui permettra de connaitre le risque de cancer en milieu agricole en France. Cette étude concernera les personnes affiliées à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) des départements couverts par un ou plusieurs registres des cancers.

 

Elle est coordonnée par le GRECAN (Groupe régional d'études sur le cancer) de Caen, en partenariat avec le LSTE (Laboratoire santé, travail et environnement) de Bordeaux, les registres des cancers et la MSA.

Il s’agit d’une enquête de cohorte qui permettra l’inclusion par un questionnaire  et le suivi de la population agricole en activité ou à la retraite résidant dans douze départements français disposant d’un enregistrement continu et exhaustif des cancers. La première phase, qui a débuté en septembre 2005, consiste en l'envoi d'un questionnaire  à plus de 600 000 personnes.

 

 

 

Les premiers résultats pourraient être disponibles dès la fin 2009 sur le rôle de certains facteurs professionnels (viticulture, céréales, utilisation de pesticides…) dans la survenue des cancers les plus fréquents (cancers du sein, de la prostate…). Un suivi plus long sera nécessaire pour les cancers les moins fréquents et les activités agricoles les plus rares.

 

Soutiens financiers pour l'étude AGRICAN : AFSSET, MSA, UIPP, Fondation de France, Ligue Nationale Contre le Cancer

 

2. Troubles de la reproduction et du développement


L’utilisation du dibromochloropropane (DBCP), nématocide employé au cours de la période 1960-1970 dans de nombreux pays des zones tropicales et sub-tropicales a donné lieu, dans le cadre d’expositions professionnelles, à des dizaines de milliers de cas de stérilité masculine.  D’autres molécules, appartenant à des familles chimiques diverses tels que le chlordécone, le carbaryl et le 2,4-D ont également donné lieu, toujours dans le cadre d’expositions professionnelles, à des observations bien documentés sur leurs effets délétères sur la fertilité masculine.



Les différentes études disponibles suggèrent également un effet de l’exposition maternelle aux pesticides sur :

  1. le risque de mortalité intra-utérine,
  2. la diminution de la croissance fœtale
  3. certaines malformations.

Il s'agit, à ce stade des connaissances, de simples présomptions.

 

3. Troubles neurologiques

 

Pour certains insecticides, la neurotoxicité est le mécanisme même de leur mode d’action sur les ravageurs (par exemple inhibition de l’activité cholinestérasique ). Les effets aigus survenant à doses importantes chez l'homme (agriculteurs) sont maintenant bien documentés notamment en raison des intoxications accidentelles ou volontaires (tentatives de suicide). Il s'agit d'effets neurotoxiques, principalement dus aux organophosphorés et aux carbamates, mais également aux organochlorés (DDT, lindane..), ou aux pyréthrinoïdes.

Concernant les effets chroniques, dus aux expositions à faibles doses répétées sur une longue durée, les connaissances restent lacunaires. Les principaux effets chroniques étudiés sont:

  1. les neuropathies périphériques,
  2. les troubles neurodégénératifs (tels que la maladie de Parkinson)
  3. les troubles neurocomportementaux.

Une vingtaine d’études ont été conduites sur la maladie de Parkinson, mais, actuellement, aucun consensus ne s’en est dégagé.

 

4. Perturbations endocriniennes


L’hypothèse qu’une exposition à certains pesticides possédant la capacité d’imiter l’action des hormones, on parle de perturbateurs endocriniens, puisse être responsable de divers effets néfastes, a généré beaucoup d’intérêt au cours des dernières années.

 

De façon plus précise, on discute surtout à l'heure actuelle de la possibilité qu'une exposition, y compris in utero, à des substances possédant des propriétés oestrogéniques, puisse être à l'origine d'une grande variété d'effets adverses tels:

  1. les cancers du sein,
  2. la prostate et les testicules,
  3. les atteintes de la fonction reproductrice chez l'homme,
  4. les malformations de l’appareil génital masculin,
  5. les problèmes de fertilité...


Jusqu'à présent, bien que l'hypothèse soit plausible d'un point de vue biologique, il n'existe pas de preuve irréfutable que l'exposition environnementale aux perturbateurs endocriniens, tels que certains pesticides,  puisse être à l'origine de désordres de la reproduction chez l'homme

 

5. Pourquoi autant de difficultés à cerner les effets à long terme ?


Il existe plusieurs raisons aux difficultés à cerner les effets des pesticides sur la santé.

La première concerne le nombre de produits à considérer. En effet, il ne s'agit pas d'un produit unique mais d'un ensemble constitué de plus de 500 substances (peut être même 1000 si l’on considère les 30 dernières années). Le terme générique "pesticides" regroupe ainsi un grand nombre de composés aux usages variés et de familles chimiques très différentes qui conduisent à des effets toxicologiques différents. Il faut également noté que les "formulants", c'est à dire les produits que l'on ajoute à la substance active pour en améliorer l'efficacité, peuvent également être à l'origine d'effets sur la santé. Ainsi, l’interaction de plusieurs composés entre eux est encore mal documentée, et l’on ne sait pas aujourd’hui quels peuvent être les effets de tels « cocktails ».

 

La seconde difficulté est liée au caractère multifactoriel (plusieurs causes possibles) des pathologies évoquées comme les cancers, 

 

Une difficulté supplémentaire résulte de la multiplicité des voies d'exposition (alimentaire, dermique, aérienne…) et des faibles niveaux de contamination observés qui rendent difficile la quantification de l'exposition de la population.  La difficulté est encore accrue par le fait qu'il faille souvent caractériser une exposition passée, compte tenu des effets retardés des pesticides. Toutes les analyses bibliographiques conduisent au constat que l'évaluation des expositions est aujourd'hui une source d'erreur ou de confusion dans la majorité des études portant sur les effets des pesticides sur la santé

  • Bonnes pratiques agricoles de réduction du risque de pollution des eaux. 

Les bonnes pratiques agricoles(ou BPA) constituent un ensemble de règles à respecter dans l’implantation et la conduite des cultures de façon à optimiser la production agricole, tout en réduisant le plus possible les risques liés à ces pratiques, tant vis-à-vis de l’homme que vis-à-vis de l’environnement. En matière de protection des plantes, on peut également les nommer « bonnes pratiques phytosanitaires (BPP) ».

En France, un « code national des bonnes pratiques agricoles », d'application volontaire en dehors des zones vulnérables, a été défini en application de la directive européenne 91/676/CEE du 12 décembre 1991, dite « directive nitrates ». La transposition de la directive en droit français a été assurée par le décret n° 93-1038 du 27 août 1993. Sa rédaction a été assurée par le CORPEN (Comité d'ORientation pour des Pratiques agricoles respectueuses de l'ENvironnement).

Le code ne traite explicitement que de la pollution des eaux par les nitrates issus des activités agricoles mais s’applique également pour les produits phytosanitaires. Il s'appuie sur les bases scientifiques et techniques existantes. L'objectif de ce code est de réduire les transferts de nitrates vers les eaux souterraines et de surface. Il a fait l'objet d'un arrêté du ministère de l'Environnement en novembre 1993. Le code comprend :

  • un ensemble de recommandations sur l'épandage, le stockage des engrais de fermes dans les exploitations, la gestion des terres et de l'irrigation ;
  • une base minimale pour les programmes d'action en zone vulnérable,prévus dans la directive « nitrate » ;
  • un cahier des charges pour les différents opérateurs du monde agricole(institutionnels, distribution, etc.).

La plus connue des nombreuses recommandations du Code des bonnes pratiques agricoles porte sur les périodes pendant lesquelles les épandages sont inappropriés.

Par ailleurs, les ministères chargés de l'environnement et de l'agriculture ont mis en place en août 2000 un programme de réduction des pollutions par les produits phytosanitaires, afin de renforcer les contrôles réalisés sur ces derniers. Celui-ci prévoit des mesures au niveau national et au niveau régional.

 

>Échelle nationale

  • mise en place d’une filière de récupération des emballages vides et des produits phytosanitaires non utilisés ;
  • renforcement des contrôles de l’utilisation des produits phytosanitaires. La loi d’orientation agricole de juillet 1999 a augmenté les pouvoirs de contrôle de l’administration et prévoit de lourdes peines en cas d’infraction sur les ventes ou sur les utilisations de produits ;
  • conduite d'études préalables au futur dispositif de contrôle obligatoire des pulvérisateurs agricoles ;
  • développement des techniques de protection biologique des cultures, substitut possible de la lutte chimique.

>Échelle régionale


Le programme prévoit d’intensifier les travaux des groupes régionaux chargés de la lutte contre la pollution des eaux par les pesticides, sous l’autorité des préfets de région. Les mesures soutenues par l’État sont centrées sur des actions préventives développées sur des bassins versants prioritaires. Ces actions comprennent un diagnostic des causes de pollution par bassin, un plan d’actions comprenant de la formation et du conseil, des diagnostics des pollutions diffuses et ponctuelles au niveau des exploitations, la mise en place de zones tampons ainsi que des investissements collectifs limitant les transferts de pesticides vers les eaux. En outre, il a été décidé d’appliquer, dès le 1er janvier 2000, le principe pollueur payeur aux pollutions diffuses d’origine agricole par la création d’une “pollutaxe” sur les produits phytosanitaires dans le cadre de la taxe générale sur les activités polluantes. Cette taxe est appliquée aux quantités de substances classées dangereuses entrant dans la composition des produits commercialisés. Le niveau de la taxe varie selon la toxicité et l’écotoxicité des substances. Les produits ne contenant pas de substances classées dangereuses ne sont pas taxés. L’objectif de cette taxe est double :

  • inciter les industriels à développer des substances moins toxiques pour l’homme et l’environnement ;
  • inciter les agriculteurs à choisir les produits les moins nocifs.

L’instauration de cette taxe a donné lieu à une large information des utilisateurs sur les dangers liés aux substances entrant dans la composition des produits phytosanitaires.

 

>Mesures d'aménagement du territoire pour réduire le risque de pollution des eaux. 

Dispositifs enherbés. 

Suivant les principes de phytoremédiation, l'implantation de dispositifs enherbés permanents le long des cours d'eau et dans le paysage pour réduire le risque de pollution par les pesticides, vise les objectifs suivants :

  • le dispositif enherbé joue le rôle de filtre lorsque l'eau ruisselle,
  • l'herbe ralentit l'écoulement,
  • la sédimentation des particules de terre et des résidus qui s'y sont fixés est favorisée,
  • la zone racinaire favorise la dégradation des substances actives en ralentissant l'écoulement de l'eau vers le cours d'eau,
  • le dispositif enherbé éloigne le pulvérisateur du cours d'eau, ce qui limite les risques de contamination directe.

L'efficacité des dispositifs enherbés est limitée en cas de :

  • drainage,
  • circulation hypodermique de l'eau (l'eau ne circule pas en surface mais dans le sol à faible profondeur),
  • présence de « cours circuits hydrauliques » dans les parcelles,
  • largeur insuffisante du dispositif enherbé.

La mise en œuvre et l'entretien des dispositifs enherbés est destinée à obtenir une implantation homogène et une bonne pérennité du couvert. Les espèces semées privilégient les graminées (implantation rapide, densité importante) telles que la fétuque élevée et le « ray grass » anglais.

L'entretien consiste à :

  • surveiller les attaques de limaces dès l'implantation,
  • éviter le salissement par les mauvaises herbes,
  • effectuer une coupe ou un broyage une fois par an au minimum.

Boisements de berges ou ripisylve. 

L'implantation des boisements de berges ou ripisylve a pour objectifs de :

  • freiner l'écoulement de l'eau et favoriser son infiltration dans le sol,
  • stabiliser les berges et limiter la quantité de terre érodée atteignant le cours d'eau.

Cette implantation rencontre toutefois les difficultés suivantes :

  • l'entretien de la ripisylve a un coût puisqu'il nécessite l'utilisation d'un broyeur pour les jeunes pousses arbustives ou d'une épareuse à lamiers pour les branches plus grosses,
  • le boisement ou le reboisement des berges est une opération à réaliser de préférence à l'échelle du bassin versant par une structure collective du type syndicat de rivière.

Haies. 

La plantation ou l'entretien de haies avec des espèces d'arbres adaptées, vise à :

  • freiner l'écoulement de l'eau et favoriser la dégradation des substances actives,
  • servir de zones refuges pour les organismes auxiliaires antagonistes des ennemis des cultures.

Il faut noter l'intérêt de haies perpendiculaires à la pente dans le cas de ruissellement issu de parcelles où la pente est forte.

Fossés. 

Les fossés agricoles sont susceptibles d'assurer une certaine rétention des produits phytosanitaires, dans la mesure où ils sont suffisamment riches en substrat végétal et que le débit d'eau n'est pas trop important. Les fossés enherbés ajoutent à l'efficacité du dispositif par le rôle épurateur de l'herbe.

L'entretien des fossés nécessite de :

  • réaliser un entretien mécanique par fauchage ou broyage,
  • ne pas utiliser d'herbicide.

Enherbement naturel des chemins. 

L'enherbement naturel des chemins permet de maintenir une certaine rugosité des surfaces et de supprimer des zones préférentielles de ruissellement.

Talus. 

La création de talus permet de réduire la pente en amont et, ainsi, la vitesse d'écoulement de l'eau afin de diminuer son pouvoir de vecteur des produits phytosanitaires.

 

>Jardiner au naturel


Pour la biodiversité, la protection de l'eau et notre santé, il est nécessaire d'adopter des pratiques de jardinage sans pesticides ni engrais chimique. Des solutions existent, très faciles à mettre en œuvre pour la plupart.
Cette rubrique vous donnera quelques clés et solutions pour disposer d'un beau jardin, équilibré, sain et productif sans recours aux pesticides.

 

  • pesticides non merciLes pesticides posent de nombreux problèmes collectifs d'environnement et de santé publique. Ils créent un dysfonctionnement au niveau des jardins. En voulant combattre ce qu'il considère comme un problème, le jardinier en crée d'autres aux conséquences souvent lourdes :

     

    1 - Pollution de l’eau : les désherbants appliqués sur les surfaces imperméables, les allées en pente, les fossés et les abords des regards d’eau pluviale polluent l’eau d’une manière rapide et forte. Même le désherbage des pelouses et des massifs contribue à la pollution de l’eau.

     

    2 - Erosion : la terre désherbée chimiquement et laissée nue est plus fragile.

    3 - Fuite en avant
    : le désherbage chimique sélectionne des plantes de plus en plus résistantes aux herbicides. Le même phénomène s’observe avec les fongicides, les acaricides et les insecticides.

    4 - Tassement et stérilité du sol : la terre laissée nue se tasse et s'asphyxie rapidement lors des fortes pluies. Les racines meurent et les plantes souffrent. Les traitements du sol tuent les microorganismes et les vers de terre qui aèrent le sol et aident les plantes.

    5 - Toxicité pour les  auxiliaires
    : la plupart des insecticides autorisés dans les jardins sont des « tue-tout » qui n’épargnent pas les insectes et petits animaux alliés du jardinier.

    6 - Santé
    : les pesticides autorisés dans les jardins sont nocifs pour la santé, même si depuis le 30 septembre 2000, ce sont les moins toxiques qui restent autorisés.

    7 - Industries à risques
    : plus on emploie de pesticides, plus on favorise la production et le transport de matières dangereuses.

    8 - Déchets toxiques
    : les résidus de pesticides sont des déchets dangereux coûteux à retraiter.

  • Environ 90 % des problèmes de jardinage sont liés à de mauvaises techniques et pratiques de jardinage.

    • L’excès d'engrais chimique soluble favorise les maladies (mildiou…) et attire les pucerons et autres ravageurs.

    • L’appauvrissement de la terre en humus altère la vie du sol et des plantes.

    • L'enfouissement du fumier en profondeur attire les taupins, les vers gris et blancs…

    • Les limaces profitent des sols tassés et crevassés en profondeur et de l’absence de leurs ennemis naturels dans le sol.

    • L’arrosage par aspersion favorise le développement rapide des maladies en été.

    • L’irrigation trop irrégulière favorise les pucerons et certaines maladies ou des carences…

    • Laisser la terre nue profite aux herbes indésirables au détriment des plantes cultivées qui vivent mieux avec le pied couvert de compost et d’un paillis épais.

     


    L'Herbergement : Désherber sans pesticides
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  • Le début de la sagesse pour éviter d’utiliser des pesticides consiste tout simplement à remédier aux causes des problèmes. Il faut apprendre à travailler avec la nature plutôt que contre, s’organiser pour anticiper les problèmes au lieu d’attendre et d’être contraint à traiter le problème dans l’urgence.

    La diversité est un élément indispensable
    1 - couvrir le sol par des paillages, des plantes couvre-sol et des engrais verts

    2 - choisir des plantes adaptées au jardin (sol, climat, exposition)

    3 - entretenir la fertilité du sol en développant l’activité des vers de terre et des microorganismes par des apports réguliers de compost, source d’humus, et par la mise en place de paillis.

    4 - penser à la rotation des cultures légumières.

    5 - créer un environnement favorable aux plantes et animaux du jardin : haies fleuries et champêtres tapissées de feuilles mortes, fleurs en toute saison, point d’eau permanent dans le jardin, abris à insectes….

    6 - ne pas laisser les herbes envahissantes fleurir puis grainer.

    7 - utiliser des outils adaptés et travailler la terre au bon moment.

     

    >Comment agir ?

    Que vous soyez particulier, collectivité, association, syndic de copropriété, jardinerie ou paysagiste, vous pouvez agir pour réduire l'utilisation de pesticides et promouvoir l'entretien des espaces verts et des jardins au naturel.
    Jardinage au naturel

    Associations, collectivités... sensibilisez au jardinage au naturel

    Pour un meilleur respect de la nature et de la biodiversité, et pour réduire les pollutions par les pesticides, tout nous pousse à sensibiliser le public aux dangers des pesticides et sur les alternatives au jardin. Différentes actions d'informations sont possibles : articles dans les bulletins communaux, expositions, diffusion de livrets, réunions publiques... Les associations partenaires du programme « Eau et Pesticides » peuvent vous fournir les éléments nécessaires à votre communication.
    Vous pouvez également organiser localement l'opération « Bienvenue dans mon jardin », où des jardiniers amateurs ouvrent leurs portes afin d'échanger sur leurs pratiques de jardinage au naturel.

    Particuliers, agissez !

    Particuliers agissez !

    En jardinant au naturel et en favorisant les échanges entre jardiniers, vous contribuez à la préservation des ressources en eau et de la biodiversité : jardinez sans pesticides, ouvrez les portes de votre jardin dans le cadre de l'opération « Bienvenue dans mon jardin », participez à l'association de jardinage ou d'environnement de votre commune... Vous pouvez également marquer votre engagement en apposant un autocollant « Pesticides, non merci » sur votre boite aux lettres ! Pour vos achats jardin, favorisez les jardineries signataires de la charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! » qui se sont engagées à conseiller le public vers des solutions de jardinage au naturel.


    Si vous n'êtes pas responsable de vos espaces verts, vous pouvez agir auprès de votre collectivité, de votre paysagiste ou de votre copropriété pour qu'ils modifient leurs pratiques d'entretien.


    Vous pouvez aussi favoriser une agriculture sans pesticides en choisissant des aliments issus de l'agriculture biologique, produits localement et en soutenant des producteurs dans le cadre d'Amap par exemple.

    Collectivités : aidez vos habitants à changer de regard

    collectivités agissez !

    Quelques herbes folles qui poussent à droite, à gauche sur les trottoirs, dans les caniveaux, entraînent souvent de plaintes des riverains. En effet, les changements de pratiques d'entretien communales ne sont pas toujours bien compris des habitants : ils doivent être accompagnés d'une information grand public... Plusieurs possibilités s'offrent à vous : information dans les bulletins communaux, panneaux de signalisation, soirée d'information, expositions... Vous pouvez également organiser des événements plus spécifiques comme l'animation « Ma ville est belle sans pesticides » ou mettre en place l'opération « Végétalisons nos murs et nos trottoirs »


    Et montrez l'exemple!

    Pour sensibiliser les habitants, la collectivité se doit d'être exemplaire, ce qui impose de trouver des solutions pour entretenir les espaces verts et la voirie sans pesticides. Plusieurs solutions s'offrent à vous : concevoir l'espace public pour limiter le désherbage, laisser pousser dans certains endroits ou encore, utiliser des appareils alternatifs dans les espaces où vous devez impérativement désherber. Contactez votre syndicat de bassin versant, il pourra vous aider à mettre en place un plan de désherbage communal. Renseignez vous également auprès des communes qui ont modifié leurs pratiques avec succès ! Vous pouvez aussi favoriser une agriculture sans pesticides sur votre territoire : en introduisant des aliments issus de l'agriculture biologique dans les cantines et en aidant l'installation d'agriculteur biologique, vous favorisez ce mode de production sans pesticides ni ogm.

 

Pesticides, de la sensibilisation aux alternatives://www.youtube.com/watch?v=_puqmEaO8YM

 

 

  • SOURCES
  • Maison de la consommation et de l'environnement | 48 boulevard Magenta 35000 Rennes | Tél. : +33 (0)2 99 30 35 50 | Fax. : +33 (0)2 99 35 10 67
  • ADEME,Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie : //www2.ademe.fr/servlet/getDoc?id=11433&m=3&cid=96

Références bibliographiques

  • CGDD/SOeS, ministère de l'Écologie, de l’Energie du Développement Durable et de la Mer, juillet 2010. Les pesticides dans les milieux aquatiques - Données 2007. Orléans, 48 p.

Sites internet



17/01/2011
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