décroissance

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La Chasse...pollution...argent occulte...lobbying...

En notre temps et en notre France, où la chasse n’est plus une activité de subsistance mais un loisir, il convient de s’interroger sur la légitimité de cette pratique. la chasse est condamnable pour des raisons:

  • éthiques (il est inadmissible de tuer un animal pour se distraire),
  • écologiques (la chasse constitue une nuisance écologique importante)
  • et sécuritaires (la nature est accaparée et insécurisée par une minorité)

L'homme et l'animal sont d'une même nature, d'une même essence. Quelles que soient les croyances métaphysiques, philosophiques, religieuses et scientifiques une évidence s'impose toujours : il n'existe aucune justification morale aux tortures que l'homme fait subir au règne animal.


 

En relâchant dans la nature annuellement près de 20 millions d’animaux élevés (perdrix, faisans, lièvres, canards…) afin d’avoir suffisamment de « cibles » vivantes, en détruisant systématiquement les prédateurs (renards, martres, etc.) considérés comme concurrents, en nourrissantet agrainant les animaux sauvages, les chasseurs ne peuvent prétendre «
réguler » la faune
. De plus, comme le démontrent les zones sans chasse,la faune s’équilibre naturellement depuis des milliers d’années ; les animaux sauvages adaptant leurs populations et se reproduisant principalement en fonction des territoires disponibles et des ressources(nourriture) à disposition. Par ailleurs, des solutions alternatives et pacifiques existent en cas de problème.


Photo montage Sabrina Djordjievska


 

Les chasseurs s’accaparent les espaces naturels, le monde vivant, et créent ainsi un environnement artificiel dédié à leur activité où ils favorisent les espèces agréables à chasser et éliminent celles qu’ils jugent concurrentes ou gênantes.La chasse contribue à la régression, voire à l’extinction des espèces naturelles et constitue de ce fait un préjudice écologique important.Toute mesure de protection de la biodiversité sera vouée à l'échec tant que les deux conditions suivantes, nécessaires bien que souvent insuffisantes, ne seront pas réunies :

  • la protection des milieux
  • l'interdiction de la chasse.


 

Chaque année la chasse c'est :

  • 20000 tonnes de déchets d'animaux (hures, pattes, tripes...) jetés, brûlés parfois, en pleine nature !


  • 250 millions de cartouches,
  • 6500 tonnes de plomb (neurotoxique puissant avec pour conséquences:saturnisme,stérélité,cancer..) déversés dans l'environnement


  • 40 millions d'animaux tués,
  • 10 millions de blessés (non retrouvés ni cherchés d'ailleurs!)
  • 48% d'espèces d'oiseaux encore chassés alors que vulnérables,
  • lâchers de 20millions d'animaux d'élevage (perdrix, faisans, lièvres, canards…) =pollution génétique + introduction dans la nature des maladies provenant d’enclos-la maladie virale hémorragique (V.H.D.), le parasite micipsella numidica ou encore la tularémie, décimant les populations naturelles de lièvres...-, ce qui conduit à l’élimination des souches sauvages et endémiques ) 


  • destruction systématique des prédateurs (renards, martres, belettes etc.) considérés comme concurrents et classés "nuisibles"ayant de graves conséquences sur les milieux et les équilibres naturels.


  • 2009-2010 : 174 accidents de chasse



La chasse et l'argent

  • une "manne financière" qui s'élève à + de 2 milliards !( permis de chasser, taxes départementales et nationales, assurances, location de territoires giboyeux, mais aussi achat de fusils,de cartouches, élevages de chiens et de gibier..)

 

  • le secteur de la chasse emploie 24 000 personnes
  • Une « passion » pour 1,2 million d’individus soit 1,8% de la population française
  • Des parties de chasses organisées pour des entreprises ,facturées à la journée entre 6000 et 15400 €


  • On voit aujourd'hui de riches Parisiens reconstituer de grandes propriétés de plusieurs centaines d'hectares,entièrement vouées à la chasse. Leader
    du mouvement: la famille Bouygues (plus de 700 hectares près de
    Romorantin),
    qui entraîne derrière elle à la fois le monde de la construction et celui des médias. Comme le producteur Claude Berda ou l'animateur Christophe Dechavanne (300 hectares). «On voit de moins en moins de grandes familles, et de plus en plus de nouveaux riches, des chefs d'entreprise qui ont fait fortune en Bourse, observe Alain Pointard. Pour eux, posséder un domaine en Sologne, c'est comme sortir aux bras d'une femme couverte de bijoux.»

Chasseurs et donateurs à l’UMP :Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt (en compagnie de Robert Peugeot, juste derrière lui)

  • Des chasses présidentielles dont le budget s'élève à 12 000 euros (supportés par le contribuable)

 

  • L'ONF loue ses forêts à de grosses sociétés de chasse aussi...et la rentabilité peut être plus importante que celle des ventes de bois
  • L'ONF et les chasses à l'approche: à l’aube ou au crépuscule, des chasseurs munis de carabines à lunettes tirent à quelques dizaines de mètres des mâles en rut très peu farouches. Bien sûr, peu de personnes (à l’exception des chasseurs) sont au courant de cette pratique que l’ONF garde discrète. Quant aux tarifs qu’elle propose, cela vous permettra de comprendre pourquoi cet organisme ne s’en vante pas…:-Pour un cerf de dix cors :licence guidée 160 €, plus taxe d’abattage 1000 €, plus 200 € de bracelet : total 1360 €


 

  • Certaines ACCA " vendent" le sanglier d'approche à 100 € quand le bracelet coûte déjà ce prix (comprenant la taxe à l'ha) c'est du prix coûtant pour attirer le chaland. Le lâcher des "sérial killers" dans la nature implique un suivi logistique.
    On vous annonce la couleur : au-dessus de 60 kgs c'est 150€ , 300 € pour 100 kgs et ce qui nous choque profondément dans cette tarification est la facturation de 5 € du kilo pour le tir de de femelleau-dessus de 60 kgs.Faites le compte à 70 kgs cela donne du 150 + 5x70= 500 € le sanglier sans doute hors venaison !!!! C'est à dire, que l'on transforme cette ACCA en "business chasse", dans la perspective de perpétuer le développement des populations excédentaires de sangliers en protégeant à coups d'euros les laies de 60kgs et +
    La mission des ACCA étant de détruire les nuisibles et de réguler la faune sauvage, on ne comprend plus.

photo montage Sabrina Djordjievska


 

 - Faut-il rappeler également :

  • 33% des espèces sur terre ont disparu grâce à la chasse
  • Lorsque la chasse n’est pas la cause principale de la disparition d’une espèce, elle est un facteur aggravant qui en accélère l’extinction.
  • Selon la liste rouge des espèces menacées (2008) et le rapport Lefeuvre, 48% des espèces d’oiseaux chassables en France sont classées vulnérables, en état défavorable ou en danger, et devraient donc normalement être protégées. La chasse accentue leur régression, précipite ladisparition de ces espèces et annule les travaux de protection réalisés par les associations de préservation de la nature.
  • Les chasseurs sont systématiquement opposés aux mesures de protection.
  • En 2008, 54% des infractions classées « atteinte à la protection de la faune et de la flore » concernent la chasse, selon l'Observatoire National de la Délinquance. Les chasseurs sont donc, en outre, responsables de plus de la moitié des dommages illégaux causés à la nature
  • Quelle légitimité peut avoir dans notre société  des traditions aussi cruelles et irrespectueuses du vivant et de la nature que les chasses à courre, le piégeage,déterrage, tir de jour comme de nuit etc.?


  • En janvier 2005, un sondage révélait que 47% des français souhaitaient, non pas une restriction de la chasse, mais son abolition totale et immédiate.


La Chasse et l'Etat

  • Tolérance du braconnage par l'Etat:face à ces agités de la gâchette,les défenseurs de la nature ont beau brandir les décisions de justice qui leur donnent gain de cause, ils constatent avec effarement qu'aucun gendarme ni garde-chasse ne se risque à intervenir. Les chasseurs hors-la-loi peuvent tirer sarcelles, colverts, ortolans etc. en toute impunité!!


>Le braconnage du bruant ortolan s’effectue en toute impunité et avec l'aval des autorités chargées d'appliquer la loi et la réglementation.

En 2004, l’ONCFS a repéré 812 installations de capture de bruants ortolans. Au lieu de verbaliser toutes ces installations illégales, comme la loi l’oblige, l’ONCFS n’en a verbalisé que 40, soit 4,9 % !

la valeur marchande clandestine d’un Bruant ortolan s’échelonnant de 100 à 150 euros


>Le braconnage des pigeons ramiers au col de l’Escrinet

Le col de l’Escrinet (Ardèche) est un col majeur pour les migrations de printemps des oiseaux en Europe. Mais au mois de mars, c’est-à-dire lorsque les oiseaux commencent leur période de reproduction, des braconniers tuent des milliers d’oiseaux migrateurs, notamment des pigeons
ramiers. Ces actes sont produits annuellement, et en toute impunité car les gardes de l’ONCFS n’interviennent presque pas, et les préfectures vont même jusqu'à créer des arrêtés de complaisance (non transmis à l'ONCFS !) permettant de délivrer des autorisations
individuelles aux braconniers !

  • Une force de lobbying au plan national et européen qui rassemble les principales organisations d’utilisateurs et de gestionnaires d’animaux domestiques et sauvages (des représentants des organisations professionnelles agricoles du monde de l’élevage, des animaleries, de la tauromachie, du piégeage, de la vénerie, des éleveurs amateurs, de la cynophilie et des chercheurs...)
  • 90 % des maires favorables à la présence des chasseurssur le territoire de leur commune selon une étude demandée par La Fédération Nationale des Chasseurs et réalisée par l’Institut CSA auprès des Maires des communes rurales de moins de 2 000 habitants pour connaître leur perception à l’égard de la chasse et des chasseurs. 

 Une étude réalisée en 2008 par l'Institut CEMAGREF a d’ailleurs souligné que la chasse pouvait représenter jusqu’à 5% du budget de fonctionnement d’une commune rurale.

  • le plan cynégétique de gestion du territoire (gestion de l'environnement, la nature, la faune sauvage). Ce plan vise à favoriser l'équilibre entre la faune sauvage, la nature, le respect de l'environnement et les gens qui vivent sur le territoire (agriculteurs, promeneurs, usagers de la route, etc... ). Il est élaboré par des représentants de tous les organismes touchés de prés ou de loin par ce plan, donc des représentants de la Chambre d'Agriculture, de la Direction Départemental de l'Agriculture et de la Forêt, de Meuse Nature Environnement, de la Fédération des Chasseurs, de l'Etat ETC... Le problème est que dans ces organismes, tous ou partie des représentants sont chasseurs, voir adjudicataires et ont un seul et même intérêt " du gibier abondant "
  • Leurs relais au Parlement Le "Groupe chasse et pêche" du Sénat réunit environ 70 sénateurs sous la présidence de Ladislas Poniatowski, tandis que le groupe d'étude de l'Assemblée,présidé par Jean-Claude Lemoine, compte 216 députés. Thierry Mariani député UMP du Vaucluse, et Christian Estrosi, ministre délégué à l'Aménagement du territoire,sont de fervents défenseurs des chasseurs.

» Leurs méthodes

Le président de la FNC a annoncé, en octobre 2006, le lancement d'une "campagne d'influence" dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007 : la FNC va demander à rencontrer "tous les candidats potentiels" pour connaître leurs positions sur le thème de la chasse, puis enverra un compte-rendu par courrier à ses adhérents afin "qu'ils puissent ensuite voter en toute connaissance de cause".
Thierry Coste, fondateur du cabinet "Lobbying et Stratégie", explique dans son livre, "Le vrai pouvoir d'un lobby", que la force de la fédération tient à la réactivité de son lobbying de proximité : sous la houlette de son directeur général, Claude Bussy, elle serait capable
d'envoyer sous 48h des délégations dans "toutes les permanences parlementaires de tous les départements"


 

-Comparatif avec nos voisins européens:

  • Les périodes de chasse en France sont les plus longues de l’Europe
  • Les chasseurs français, à eux seuls, tuent 25% de l’ensemble des oiseaux tués dans les 27 pays d’Europe.


  • La France autorise la chasse à soixante espèces d'oiseaux alors que la plupart des autres pays limitent à moins de dix ce nombre.Ainsi, plusieurs millions de grives sont tuées chaque année ici alors que l'espèce est intégralement protégée au Royaume Uni, au Benelux, en Allemagne, en Scandinavie, en Suisse, en Autriche...

 

  • Sur 26 espèces d'oiseaux migrateurs en raréfaction chaque année,au niveau du continent européen (l'Europe géographique, rien à voir avec l'Union Européenne, ou Europe des nations) ,24 sont chassées en France.
  • En France, 91 espèces sont chassées, soit un record en Europe
  • le 7 décembre 2000, la C.J.C.E., sur requête de la COMMISSION EUROPEENNE, condamnait la France pour non transposition de la directive 79409 quant aux dates de chasse et rappelait que lorsque 20% des effectifs d'une population d'oiseaux demeure en période sensible, il convient de ne pas y pratiquer la chasse. Au terme de quinze ans de procédure, l'administration française ne parvenait pas à imposer aux chasseurs un honnête respect du droit communautaire ce qui est éloquent sur le poids des groupes de pressions sur l'appareil d'État.

Sociologiquement, constatons que l'UNION EUROPEENNE compte environ six millions de chasseurs. Un quart d'entre eux sont français.La France est le pays non seulement d'EUROPE mais de tout le paléoarctique ayant la période de chasse la plus longue, le plus grand nombre d'espèces soumises à la législation de la chasse, le plus faible pourcentage de territoire placé en réserve naturelle. La France est, selon le rapport de la COMMISSION EUROPEENNE de l'année 2004, le pays membre auteur du plus grand nombre d'infractions au droit communautaire de l'environnement.La France n'accepte pas quarante loups dans les ALPES alors que l'Italie en compte cinq cents, l'Espagne mille cinq cents. Les chasseurs, bien que minoritaires (2% de la population), s'organisent en ce pays en un puissant groupe de pressions.

  Face au blocage institutionnel opposé par ce lobby et ses relais politiques, les associations de protection de la Nature doivent recourir au juge et au droit communautaire pour ébranler certains privilèges exorbitants octroyés par un législateur interne sous influence.



 

La Chasse et la loi



 

  • le régime VERDEILLE:À la suite de la Révolution française, le droit de chasse fut lié au droit de propriété. Mais en 1964, la loi dite Verdeille constitua une entorse à ce lien puisqu’elle permit de chasser sur le territoire d’autrui sans son consentement.
    Les ACCA (Associations Communales de Chasse Agréées) et AICA (Associations Intercommunales de Chasse Agréées) ont été créées par la loi VERDEILLE le 10 juillet 1964 qui organise la chasse sur le territoire français. Cette loi oblige tous les propriétaires de terrain dans les communes ou groupements de communes ayant créé une ACCA ou une AICA et qui possèdent moins de 20 hectares (cas général) à y adhérer, qu'ils le veuillent ou non, et à laisser les chasseurs chasser sur leurs terres.le propriétaire foncier est tenu de faire apport de son terrain au domaine chassable de l'A.C.C.A. dont il est fait membre de droit. Seuls les grands propriétaires, détenteurs d'au moins vingt hectares d'un seul tenant voire soixante dans certains départements et même cent en zones de montagnes, peuvent, lors de la création de l'A.C.C.A. ou lors d'un multiple de six anniversaires de création de l'A.C.C.A., faire opposition ou retrait de leurs fonds de ce territoire de chasse.

En dérogeant à la vieille règle issue de la Révolution selon laquelle « nul n'a le droit de chasser sur le terrain d'autrui sans son consentement préalable », elle viole la liberté de conscience et de mode de vie des opposants à la chasse.

Pour faire opposition, le petit propriétaire doit justifier ne pas être chasseur (ce qui pourrait être admis). Mais surtout,s'il omet de faire cette déclaration, il lui faudra attendre un multiple de cinq anniversaires de création de l'A.C.C.A. pour exercer un retrait. Les locataires ou salariés sont moins bien protégés que les chasseurs par un tel préavis. En outre, le propriétaire peut être tenu des dégâts de« gibier » ce qui ne constitue, en pratique, qu'une menace à portée purement psychologique.Bref, comme d'habitude, le législateur a fait ouvre partisane 


Militants de la fondation Droits des animaux

  •   Décret n° 2010-603 du 4 juin 2010 créant une contravention pour obstruction à un acte de chasse:"est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le fait, par des actes d'obstruction concertés, d'empêcher le déroulement d'un ou plusieurs actes de chasse tels que définis à l'article L. 420-3."

Pour qu’une norme existe en droit, il faut qu’elle soit conforme aux normes qui lui sont supérieures, en l’occurrence les normes constitutionnelles et européennes. Ce décret est très vraisemblablement contraire à ces normes et n’est donc ni plus ni moins qu’une anomalie juridique.

Les manifestants contre les chasses à courre, militants de l'association DROITS DES ANIMAUX, ne cesseront bien sûr pas de manifester, car la liberté à l'instar de la vie, ça se défend.D'une manière totalement pacifique, ils assumeront la révolte des consciences face à l'insoutenable.
Peut-être seront-ils déférés devant le juge de police pour s'entendre appliquer la nouvelle contravention d'obstruction à la chasse les exposant, au grand maximum à 1500 euros d'amende.
>Les principes généraux du droit offriront, pour les défendre, des éléments solides.
>L'accusation devra tout d'abord caractériser une infraction absurde.
>L'exception d'illégalité du décretsera invoquée, devant le juge du premier degré et, en cas decondamnation suspendue par l'appel, devant la cour. Puis, toujours dans l'hypothèse défavorable,devant la cour de cassation et après épuisement des voies de recours internes devant la cour européenne des droits de l'homme.
>Les opposants éventuellement condamnés par les juges français pourraient arguer des dispositions des articles 9 et 10 de la CONVENTION EUROPEENNEDES DROITS DE L'HOMME, textes qui protègent la liberté de pensée, de manifester des convictions, de les exprimer librement.
>Dès lors, conformément à sa mission et à sa jurisprudence, la haute cour de STRASBOURG appréciera le rapport de proportionnalité des intérêts entre la liberté de manifestation pacifique d'une conviction et la liberté de « servir » la biche et le renard.

Beaux débats juridiques en perspective et surtout grande lumière sur une activité qui parce qu'elle porte la mort n'aime guère cet éclairage

  • Un partenariat signé le 4 mars entre Luc Chatel, Jean-Louis Borloo et la Fédération nationale de la chasse permet aux amateurs d’armes d’entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable » aux enfants. L’ASPAS et de nombreux enseignants réclament l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles.

Chaque jour, les élèves du collège d’Agnetz, dans l’Oise, voient ces affiches mensongères situées à quelques centaines de mètres de leur établissement


La propagande du lobby des chasseurs dans les écoles s’est officialisée il y a vingt ans avec les états Généraux de la chasse en 1990, puis en 1993 avec le colloque « Animations en milieu scolaire »*. Depuis cette époque l’ASPAS, soutenue par de nombreux enseignants, n’a eu de cesse de freiner ces grandes ambitions, et au fil des années ces opérations s’étaient essoufflées. Mais le 13 et le 14 octobre, deux articles de journaux ont remis le feu aux poudres. Dans l’un, une animatrice embauchée par une fédération des chasseurs a cherché à convaincre qu’il est « utile de tirer sur les animaux ; l’autre décrit un cours de SVT
particulier : « montrer la chasse et en donner le goût à des enfants ». Une cinquantaine d’associations, dont l’ASPAS, co-signe alors une lettre ouverte adressée au ministre de l’éducation Nationale Luc Chatel: « Stop aux interventions des chasseurs  en milieu scolaire ! ».

Les chasseurs n’ont aucune légitimité pédagogique. Leur passion de la chasse et leur concurrence avec les prédateurs naturels leur donne une vision déformée de la faune, qu’ils partagent entre « nuisibles » et « gibier ». Les chasseurs  ne sont pas des biologistes et n’ont pas de compétence pour décrire un écosystème dans sa globalité. Leur opposition aux mesures de protection de la biodiversité, leur opposition aux ours et aux loups, leur absence dans les combats pour la défense des animaux sauvages, leurs contentieux quasi quotidiens contre 
les protecteurs ne rend pas leur discours « écologique » crédible.

 


 

CONCLUSION


  La chasse, activité de loisir consistant à tuer des animaux sauvages, n’est pas sans conséquence pour la biodiversité.Elle a un impact quantitatif sur les populations des espèces, en diminuant les effectifs des espèces chassées par la mortalité directe qu’elle occasionne. 

   

  Le dérangement, provoqué par la chasse, entraine indirectement une baisse des populations car il cause une modification de la distribution géographique des espèces, des pertes d’énergie provoquant une diminution de survie, ainsi qu’une baisse du succès de reproduction.En modifiant le comportement et l’état de santé des animaux chassés, elle a aussi un impact qualitatif non négligeable sur la faune. Elle sélectionne pour certaines espèces, au fil des années, une population d’animaux craintifs, aux distances de fuite anormalement élevés. Ces animaux, sensibles au dérangement, forment une population fragilisée et démographiquement peu dynamique.


 

  Par ailleurs, les plombs des cartouches ont provoqué le saturnisme, maladie ayant
contaminé jusqu’à plus de 60 % des individus de certaines espèces
. La plupart des espèces chassables étant en régression, environ 20 millions d’animaux sont annuellement lâchés dans la nature par les chasseurs afin de garantir un tableau de chasse suffisant. Cette pratique désastreuse affaiblie les dernières populations naturelles notamment par l’apport de maladies, perturbe les écosystèmes et cause une pollution génétique de la faune, préoccupante.S’il existe
des pratiques particulièrement néfastes (chasse de nuit des oiseaux d’eau, chasse des oiseaux migrateurs lors de la migration prénuptiale, etc.), toute forme de chasse nuit inévitablement à la faune dans la mesure où elle constitue une agression directe, causant notamment la mort d’individus.


 

  Certains ont réfléchi à la mise en place d’une chasse «écologiquement supportable », dans le sens où le préjudice écologique qu’elle occasionne, diminué par l’instauration de fortes restrictions et la réduction draconienne des espèces chassables, devienne acceptable.
Mais systématiquement les chasseurs s’opposent énergiquement à la moindre mesure de protection de la faune et des espaces naturels, si peu contraignante soit-elle. Non seulement les dirigeants du monde de la chasse sont défavorables à la réduction de leur loisir mais,
à l’inverse, ils font preuve d’une pression effarante pour faire aboutir leurs demandes qui vont toutes dans le même sens : faciliter l’exercice de la chasse, donner plus de droits aux chasseurs, augmenter les espèces et espaces chassables, allonger les durées des périodes de chasse, etc.
Ainsi, par le comportement, les souhaits et la mentalité d’une majorité de chasseurs (qui ne fait d’ailleurs pas mystère de sa haine des écologistes), la mise en place d’une chasse «écologiquement supportable » en France est une utopie.Or, la biodiversité, menacée comme elle ne le fut jamais, nécessite l’instauration de mesures de protection à la hauteur de l’enjeu. Elle requiert un changement de notre comportement et l’abandon des activités
qui lui sont particulièrement néfastes.


 

La chasse, par le préjudice écologique important qu’elle occasionne, est contraire au maintien de la biodiversité et empêche la protection efficace de la faune. Toute mesure de protection de la biodiversité sera vouée à l'échec tant que les deux conditions suivantes ne seront pas réunies : la protection des milieux et l'interdiction de la chasse.Ainsi, il devient indispensable d’interdire la chasse et de confier la faune et les espaces naturels à des fonctionnaires responsables et compétents, au sein d’une instance départementale ou régionale chargée d’établir les
conditions d’une cohabitation pacifique et harmonieuse entre la faune sauvage, la nature et l'Homme. Il sera alors possible de mettre en place, efficacement, les mesures de protection qui pourraient permettre la pérennité de la biodiversité.





15/11/2010
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