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Déforestation: Des fours solaires pour éviter de consumer la forêt!

Fatima Jibrell tente d’imposer la cuisson solaire pour lutter contre la déforestation au Puntland..

 

La formule a l’avantage d’être éclairante : «Nous devons récolter le soleil, explique dans un sourire Fatima Jibrell, il ne coûte rien.» Depuis 2006, son association Sun Fire Cooking installe des fours solaires dans son pays natal du Puntland, région semi-autonome de la Somalie, à la pointe de la corne de l’Afrique. Avec une ambition : dissuader les populations locales de cuisiner au charbon de bois. La fabrication de ce combustible à partir d’acacias parfois centenaires est principalement à l’origine de la déforestation, laquelle accélère la désertification, compromet la vie animale et fragilise l’agriculture locale.


Le charbon de bois, c’est le premier combat de Fatima Jibrell. Née au Puntland dans une famille nomade, elle a émigré aux Etats-Unis, enfant, pour rejoindre son père et a pris la nationalité américaine. En 1991, quand la guerre civile éclate en Somalie, elle décide de rentrer, avec son mari. «On s’est dit que l’Amérique n’avait pas besoin de nous, alors que la Somalie, si», raconte-t-elle, de passage à Paris à l’initiative de l’association Résistants pour la terre. Elle mesure alors l’urgence écologique : «Enfant, au Puntland, on avait peur des lions qui se cachaient dans la savane. Quand je suis revenue, il n’y avait plus de lion et plus de savane.» Les communautés rurales sont désorganisées par la guerre civile, notamment par le retour de jeunes urbains fuyant les conflits, qui ramènent avec eux de nouvelles habitudes et connaissent mal les traditions.

 

 

«Communication».

 

Pour dissuader les somaliens d'utiliser du charbon de bois- principale source d'énergie- pour cuisiner ou faire chauffer de l'eau, Fatima Jibrell décide de les convertir aux fours solaires et parcourt avec son association Sun Fire Cooking le Puntland afin de vanter les mérites de cette technique.

L'augmentation de la population a engendré un prélèvement croissant dans les forêts, aggravant la désertification des régions sahariennes.

Mais la consommation locale n'est pas seule en cause : la demande croissante des pays du Golfe, friands du charbon de bois du Puntland est un autre élément majeur de la déforestation.

 

Fatima Jibrell fonde l’association Horn Relief et se lance dans un lobbying intense pour interdire les exportations. Combat gagné en 2000 : le gouvernement stoppe ce commerce et les exportations chutent de 80%. Une victoire saluée en 2002 par le prix Goldman pour l’environnement.

 

Etape suivante : la consommation locale, à travers le programme des fours solaires, qui permettent de «faire bouillir un litre d’eau en sept minutes quand une cuisinière à gaz le fait en six minutes».


Un projet pas si évident à mettre en place sur le terrain. Les fours (160 euros pièce) ont besoin d’entretien régulier pour fonctionner, il faut apprendre aux familles à les utiliser. Et repenser l’organisation sociale : «Le feu ne sert pas qu’à faire la cuisine, c’est aussi un lieu de communication, explique-t-elle. Parfois quand les villageois retrouvent de l’argent pour acheter du charbon, ils négligent le four solaire.»

 

Fatima Jibrell démontre aux agriculteurs semi-nomades du puntland qu'après un investissement initial de 160 euros, un four solaire permet de préserver la forêt, source d'alimentation du bétail et d'économiser 15 euros /mois d'achat de charbon de bois.

Sans les subventions -via le site internet de l'association- de bailleurs internationaux ou de particuliers occidentaux, ces 160 euros demeureraient hors de portée de nombre de familles. En 4 ans, ces subventions ont permis de financer la mise en place des miroirs paraboliques qui captent les rayons du soleil dans 2000 foyers..

 

  «Nous n’en mettons plus dans des zones où le suivi est impossible : on ne peut pas faire comme pour un bâtiment, construire et partir.» Les acacias recommencent à pousser dans la région. Avec beaucoup de vigilance et d’éducation des bergers - l’arbre est très vulnérable pendant sa première année. Son association travaille aussi à valoriser le projet de fours solaires via le protocole de Kyoto.

 

Les fours solaires sont l'une des technologie les plus prometteuses pour réduire le recours au bois.

 

Mais le combat de Fatima Jibrell va au-delà de la vie au village. Entre guerre civile et piraterie, la Somalie tient de la coquille vide. La militante pointe du doigt les Occidentaux venus piller illégalement les eaux poissonneuses, parle des jeunes sans avenir pour qui «la vie n’a aucune valeur» et qui se vendent à des pirates. «Nous avons une population de moins de 10 millions d’habitants, une des plus longues côtes du continent, riche en ressources, mais nous n’avons aucune infrastructure pour l’exploiter», résume-t-elle.

 

Coquille.

 

Horn Relief porte actuellement avec Oxfam un projet portuaire sur la côte nord, à Laas Qoray. Pour «reconquérir la mer», développer une activité de pêche, de transformation, puis des écoles, des hôpitaux. Mais les fonds manquent. A 64 ans, Fatima Jibrell s’agace toujous des lenteurs de Bruxelles qui «ne connaît rien à la situation en Somalie», de ces Etats donateurs qui ergotent sur des questions de délais. Elle souhaiterait des réalisations concrètes et des aides directes aux organisations non-gouvernementales. «Aucun pays dans le monde ne s’est développé sans infrastructures et la Somalie ne sera pas le premier.»

 

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L'alternative : construire son four solaire....^^

 


construction d'un Four Solaire par caillouvert

 

 

 

**Pour aller plus loin :

 

Fabrication et utilisation de four solaire :

Sun Fire Cooking :http://www.tucacas.info/sunfirecooking/SFCnewweb/index.html

 

Horn Relief : http://www.hornrelief.org/

 

 

**source : http://www.liberation.fr/terre/0101653169-en-somalie-des-fours-en-rayons



28/03/2011
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