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L'océan attaque :150 millions de personnes seront menacées par la montée des eaux...



Les 15 pays dont la population sera la plus affectée par les
changements en 2070. Notons le poids des changements climatiques
sur les changements socio-économiques
crédit : Nicholls et al. 2007, OECD, Paris - Traduction notre-planete.info

Changements climatiques : 150 millions de personnes seront menacées par la montée des eaux


"D'après un rapport de l'OCDE, co-rédigé par des experts issus des milieux universitaires et du secteur privé, le changement climatique et l'urbanisation pourraient entraîner un triplement du nombre de personnes exposées à des inondations côtières dans le monde d'ici 2070.

Il ressort de cette étude, intitulée Ranking port cities with high exposure and vulnerability to climate extremes, que 150 millions de personnes environ pourraient être exposées à des inondations côtières centennales d'ici à 2070, contre 40 millions actuellement. L'impact financier passerait quant à lui à 35 000 milliards USD d'ici 2070, au lieu de 3 000 milliards aujourd'hui.

Avant sa visite à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bali, le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría avait déclaré que les pays du monde entier devaient agir maintenant pour aborder le défi économique du changement climatique : "Le climat a bel et bien commencé à changer, et une action concertée est indispensable pour en prévenir les conséquences les plus néfastes. Pour les combattre, il existe tout un éventail de moyens économiques envisageables et une volonté politique est indispensable pour les concrétiser."

Les chercheurs ont analysé l'exposition des personnes et des biens et infrastructures à une inondation côtière centennale dans plus de 130 grandes villes portuaires de la planète. Un risque annuel d'inondation côtière de 1/100 est un niveau de risque communément admis dans les évaluations. L'objectif est d'aider les responsables de l'action publique à déterminer les cibles de leurs stratégies d'adaptation aux extrêmes climatiques et à analyser les avantages potentiels des mesures d'atténuation de leurs effets. Elle inaugure une série de rapports de l'OCDE consacrés aux répercussions économiques du changement climatique dans les grandes villes.

Dans leurs estimations de l'impact du changement climatique, les chercheurs se sont fondés sur une élévation moyenne du niveau des océans de 0,5 mètre d'ici à 2070. Cette hypothèse tient compte de la fonte des calottes glaciaires, qui s'est révélée importante ces dernières décennies, et elle correspond à un scénario prévoyant un risque moyen à élevé.

Le rapport indique que les stratégies d'atténuation ralentiront et limiteront les effets aggravants du changement climatique sur le risque d'inondation côtière. Cela laissera aux grandes villes un répit précieux leur permettant de mettre en œuvre des mesures d'adaptation. Les études montrent en effet que la mise en place de protections côtières efficaces peut prendre trente ans ou plus. Il faut que l'adaptation devienne une priorité des pouvoirs publics dès maintenant pour qu'elle puisse faire une différence demain.

Environ la moitié de la population totale exposée à des inondations côtières provoquées par des marées de tempête et aux dommages imputables à des vents violents est concentrée dans seulement dix grandes villes. C'est à Mumbai que le nombre de personnes menacées est le plus élevé. Mais en 2070, la ville la plus vulnérable sera Calcutta, dont la population exposée devrait être multipliée par plus de sept, pour passer à 14 millions de personnes.

Dans les décennies à venir, la croissance et le développement sans précédent des mégapoles d'Asie constitueront un facteur clé dans l'augmentation du risque que représentent les inondations côtières à l'échelle mondiale. En termes de nombre d'habitants exposés, Calcutta est suivie de près par Mumbai, Dhaka, Guangzhou, Ho Chi Minh Ville, Shanghai, Bangkok, Rangoon et Hai Phong. Parmi les dix grandes villes les plus menacées, Miami est la seule qui soit située dans un pays développé.

Les villes exposées aujourd'hui qui possèdent les actifs (biens et infrastructures) les plus importants en valeur se trouvent principalement dans des pays développés. Miami est de ce point de vue la plus menacée actuellement et le restera en 2070, la valeur des actifs exposés y passant de quelque 400 milliards USD à plus de 3 500 milliards USD. En 2070, huit des grandes villes les plus exposées se situeront en Asie. Guangzhou, qui se classe au deuxième rang en termes d'actifs, est suivie de New York, Calcutta, Shanghai, Mumbai, Tianjin, Tokyo, Hong Kong et Bangkok.

Ce rapport, où sont classées les grandes villes du monde les plus exposées à des inondations côtières aujourd'hui et dans le futur, fait partie d'une série que l'OCDE prévoit de publier sur le thème "les grandes villes et le changement climatique". La deuxième phase du projet consistera à étudier l'efficacité des mesures de protection contre les inondations et la vulnérabilité des principales agglomérations dans le monde." Organisation de coopération et de développement économiques.


 


Houle au sud de la Réunion
© Michel Lassus

houle



"Saint-Pétersbourg, la péninsule de Iamal, l'Allemagne du Nord, les Pays-Bas, les deltas du Nil et du Gange, prédit Sergueï Dobrolioubov, titulaire de la chaire d'océanologie de la faculté de géographie de l'Université de Moscou. Les régions du globe dont les surfaces terrestres sont très peu élevées entrent également dans une zone dangereuse. Si l'océan mondial montait d'un mètre et demi, pratiquement tout le Bangladesh (selon les calculs, 17 millions de victimes) serait inondé. La Floride et les Maldives se retrouveraient dans une zone à haut risque.

  • L'océan "grandit"

Selon les études de l'équipe orbitale et spatiale et les mesures côtières, actuellement l'océan monte de 2-3 millimètres par an. Il existe deux raisons à cela.

> La première cause est la fonte des glaciers continentaux

Selon Alexandre Kislov, titulaire de la chaire de météorologie et climatologie de la faculté de géographie de l'Université de Moscou, les glaciers de montagne reculent partout dans le monde. Le Kilimandjaro, le plus haut sommet d'Afrique (5 895 mètres) a déjà perdu sa calotte glacière. Il n'y a pas si longtemps il possédait encore sa "coiffe" glaciaire.

> La deuxième cause est la dilatation thermique

La seconde raison de la montée du niveau de l'océan mondial est l'expansion de l'eau suite au réchauffement climatique (selon les lois de la physique, la taille d'un corps augmente avec la chaleur). La montée de l'océan d'un mètre à la fin du XXIe siècle n'est pas un chiffre si important à première vue. Surtout au regard de la montée du niveau de la mer Caspienne. Depuis 1997, le niveau de cette dernière s'est élevé de 2,5 mètres. Mais c'est un problème local.

Or la montée de l'océan mondial dans l'ensemble est un problème mondial qui concerne un grand nombre de pays.

  • "Les vagues tueuses"

Au cours des 60 dernières années, selon les océanologues, les vagues de tempête, "les vagues tueuses", gagnent en hauteur  (10-12cm depuis le début du XXIe siécle)et voient leur potentiel destructeur croître, surtout dans l'Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord.

La hauteur maximale enregistrée jusqu'à présent des vagues de tempête est de 34 mètres. Or, une vague de 20 mètres est déjà extrêmement dangereuse, par exemple, pour les bateaux et les plateformes pétrolières.

Les interactions extrêmes entre l'atmosphère et l'océan, les tsunamis, les typhons et les tempêtes, sont les plus effroyables de par le nombre de victimes. Une vague de tsunami de 10 mètres de haut est bien plus dangereuse qu'une vague de tempête de 20 mètres.

Cette dernière est moins longue et moins rapide qu'un tsunami. De plus, ces vagues portent des frappes disparates sur les côtes, dont chaque impact tombe sur une petite parcelle côtière. La vague de tsunami s'abat à grande vitesse sur la surface terrestre sous la forme d'un mur monolithique de plusieurs dizaines de kilomètres de long. La puissance de la vague tue les gens, détruit les installations côtières et les navires à l'ancre.

En 2004, le tsunami dans l'océan Indien a emporté la vie de près de 270 000 personnes. En faisant des parallèles historiques pessimistes, les océanologues se remémorent les civilisations englouties. Ainsi, le tsunami provoqué par l'éruption du Santorin, en Crète, a détruit l'antique civilisation minoenne. Quant aux typhons, on se souvient de Katrina, en automne 2005, qui a ravagé la Nouvelle-Orléans. Les tempêtes dans les embouchures sont aussi catastrophiques. Au Bangladesh en 1970, ce phénomène a tué 300 000 personnes. Or, aujourd'hui, les tempêtes sont de plus en plus fréquentes, même en Arctique, en raison de l'expansion de la surface ouverte de l'océan. Les glaces côtières fondent, disent les océanologues, et les côtes reculent de 10-15 centimètres par an.

  • "Le rêve mégalomaniaque de Pierre le Grand"

Saint-Pétersbourg, qui a connu depuis sa création 305 inondations (une inondation destructrice de 1824 a été décrite dans le Cavalier de bronze d'Alexandre Pouchkine), partage le titre de "championne de la formation des marais" avec Venise. Comme le fait remarquer Alexandre Rybalko, scientifique en chef de la compagnie d'Etat Sevmorgeo, même les faibles inondations (montée du niveau de l'eau de plus de 150 centimètres) conduisent à l'érosion des fondations et l'eau s'accumule dans les caves des maisons. Les éléments poursuivent leur offensive, et il faut construire des installations pour protéger la ville, même des faibles montées du niveau de l'eau, résume-t-il.

 

Les installations de protection de Saint-Pétersbourg contre les inondations, en construction depuis 1979, dotées de barrages, de ponceaux et de passages pour les bateaux, sont elles-mêmes capables de provoquer une vague qui inonderait de vastes territoires le long du golfe de Finlande à Saint-Pétersbourg et dans les banlieues, avertit Valeri Malinine, professeur à l'Université hydrométéorologique de Russie.

Les installations de protection contre les inondations s'étendent le long du golfe de Finlande, de Bronki à Sestroretsk, via l'île de Kotline, où se situe Kronstadt. Si la vague dépassait 6 mètres, "les dommages matériels seraient difficilement estimables", déclare le scientifique.

  • La nature continuera de se venger de l'homme

Pour l'instant ce ne sont que des prévisions. Les océanologues poursuivent des études complexes et coûteuses, autonomes (4 000 balises maritimes, fonctionnant avec des batteries solaires dans l'océan mondial) et satellitaires, ainsi que des expéditions sur des navires océanologiques (Akademik Ioffe, Mstislav Keldych et Akademik Sergueï Vavilov). D'une manière ou d'une autre, grâce à une surveillance constante du comportement de l'océan, les scientifiques font remarquer que le ralentissement du processus de montée du niveau de l'océan mondial est pratiquement impossible.

Le système climatique de l'océan est inertiel, et étant donné que les rejets importants de CO2 continuent de réchauffer l'atmosphère (au cours des 100 dernières années, la température moyenne sur Terre a augmenté de 0,76°C), l'expansion de l'eau se poursuit. Par conséquent, le niveau de l'océan mondial poursuivra sa croissance.

Les conclusions des scientifiques sont unanimes : il est temps pour l'humanité de s'adapter aux nouvelles réalités et de construire des installations de protection pour se prémunir contre les "attaques" de l'océan." Par Olga Sobolevskaïa

 


La lutte contre la montée des eaux

 

Pour aller plus loin:


Quelques chiffres  : http://www.coaps.fsu.edu/~maue/tropical/ et
http://www.meteo.fr/temps/domtom/antilles/pack-public/alaune/previactcyc.htm


Sources:


Notre-planète.info

http://www.meteo.fr/temps/domtom/antilles/pack-public/alaune/previactcyc.htm



08/04/2011
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