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Interview de John C : l’homme qui vit au coeur de la forêt

via: //blog.imprimerie-villiere.com/2010/09/vie-vivre-autarcie-auto-suffisance-survie-geispe/

 

Interview de John C : l’homme qui vit au coeur de la forêt


 

J’ai déjà abordé le thème de la survie en pleine nature à plusieurs reprises (cro-magnon VS homo sapiens / préparer son kit / survivre à l’apocalypse).

J’en remets une couche quitte à montrer ostensiblement ma dépendance à l’herbe fraiche, aux épines de pins et à la térébenthine… ou tout simplement au plaisir de vivre à l’air libre, tel un poulet de Bresse.

J’ai fait appel à un pro pour m’éclairer sur cette addiction. Contrairement à ce que vous pourriez croire, il ne s’agit pas d’un psychanalyste, mais de John C, instructeur de vie et survie en forêt qui a gentiment offert un stage de survie à l’un de nos lecteurs à l’occasion des 1 an de l’éco-blog… et qui nous répond aujourd’hui.

S’intéresser autant à la chose, c’est grave docteur ?

John C. : non, ce n’est pas grave! C’est même assez sain, tant qu’on ne bascule pas dans des paranoïas apocalyptiques dignes des grands films hollywoodien.

Apprendre des rudiments de survie est selon moi, du même ordre qu’apprendre les gestes essentiels des premiers secours : c’est une nécessité, un devoir en quelque sorte qui peut un jour ou l’autre vous sauver la vie! Y prêter attention, c’est dans une certaine mesure se préparer sagement à une situation critique et vouloir s’en sortir au mieux. C’est une preuve d’amour de son prochain également, car en apprenant les rudiments de survie, VOUS pouvez être à même de protéger garantir la pérennité de votre famille, d’un groupe en situation de crise etc…

A quel moment débute une situation de survie ?

John C. : Une situation de survie commence lorsque le diagnostic vitale est ou peut être engagé à plus ou moins brève échéance.

L’Homme, en qualité d’être vivant possède des besoins fondamentaux, dits vitaux. Lorsqu’un de ces besoins ne peut être comblé, on commence à glisser sur la pente du danger « la zone rouge », qui peut conduire à la mort si on n’y prend pas garde.

Ces besoins sont basiques et repose sur notre propre nature :

  • savoir réagir à une situation d’urgence médicale (premier secours)
  • être en mesure de se protéger des éléments extérieures (froid, pluie, animaux etc…)
  • savoir s’hydrater et gérer sa consommation d’eau
  • savoir s’alimenter et gérer sa consommation

Comment se comporter dans ces moments ?

John C. : La question du comportement est délicate. Apprendre à survivre n’est pas livresque.

C’est avant tout un état d’esprit à acquérir, garder son sang froid, être en mesure d’analyser une situation et d’en définir les priorités pour agir avec bon sens afin de se sortir au mieux de la zone rouge. C’est avec l’expérience du terrain, une bonne capacité d’adaptation et les connaissances fondamentales liées à la vie sur le terrain et à la survie qu’on peut le mieux réagir.

Quels sont les principaux dangers en pleine nature ?

John C. : Les dangers sont nombreux dans la Nature si on n’y prend pas garde. Depuis l’avènement des vacances et la lois des 35 heures, notre société qui avait coupé les liens avec Dame nature retourne dehors.

Le temps de loisir ayant doublé, les gens repartent au contact de la nature, mais en ayant perdu les réflexes premiers pour se préserver et éviter les pièges.

Combien de personnes ai-je vues partir en randonnée d’une journée sans de quoi se protéger des éléments, juste parce que le matin il faisait beau, ou sans une petite trousse à bobo pour soigner les enfants en cas de soucis.

Il existe deux types de dangers principaux : les dangers dits objectifs, liés au milieu lui même et les dangers subjectifs, liés à notre propre nature et interactifs avec le premier type de dangers.

Les dangers objectifs sont de trois types : relief et climat, flore, et faune. Le premier concerne tout ce qui touche au milieu même, les différents types de terrain, les aléas du climat pouvant nous nuire (hypothermie, hyperthermie, accident de marche etc…). Le deuxième type vient de la flore elle même (risque de blessure, coupure, allergie etc). Le troisième type provient des animaux (attaques, et problème sanitaire..)

Les dangers subjectifs sont ceux provenant de notre propre personne : la peur, la panique, la sensation de faim, nos besoins physiologiques à combler…

La première réaction des gens quand je parle de survie est de savoir si j’ai appris à faire du feu. Ce n’est pourtant pas une priorité majeure !

John C. : Pour beaucoup de gens, survivre c’est apprendre à faire du feu avec des bouts de bois, et trouver des plantes à manger! Ce n’est effectivement pas une priorité.

La base étant la prévention, il faut apprendre à reconnaître les dangers, à adapter un comportement sécuritaire et à cadrer son activité.

Après, il faut apprendre à agir en situation de diagnostic vital engagé, ce que les premiers secours visent à faire. D’ailleurs, cette formation devrait être effectuée par tout le monde de nos jours, tellement elle est essentielle. Je ne conçois pas que des parents n’aient aucune base de secourisme alors qu’ils ont une petite famille à protéger : quand on aime, on se prépare à protéger! Bref, ça c’est mon coté engagé protecteur bienveillant !

Pour continuer, il faut savoir se protéger des dangers extérieurs pouvant nous nuire rapidement, comme l’humidité, le vent : savoir gérer sa thermorégulation en est la clé. Savoir s’équiper en fonction (vêtement) et fabriquer un abri de fortune des moyens. Ces choses là, bien que simples relèvent d’une certaine technicité pour être optimisées et donc pour vous assurer de meilleures chances de survie face à la Nature.

Ensuite, être en mesure de gérer son alimentation en eau, trouver de l’eau, savoir la purifier pour ne pas tomber en déshydratation est essentiel. On peut tenir longtemps sans manger, mais très peu de temps sans boire. Sans eau dans notre corps, on perd rapidement de la capacité cognitive (réflexion/analyse/vigilance) ce qui peut nous conduire à faire des erreurs, à nous désorienter et donc à tomber en zone rouge.

Pour finir, savoir se signaler, pour être rapidement visible des secours est un point sur lequel j’insiste beaucoup en formation, par différentes méthodes. Savoir communiquer est essentiel (d’ailleurs on l’apprend aussi dans le célèbre PAS, protéger alerter secourir, savoir donner des informations claires sur sa situation et sa position est important quand il est question de vie ou de mort. Passez votre formation de premiers secours!)

On pourrait parler des heures de tout ça ! Mais on comprend beaucoup plus rapidement en le voyant !

Tes formations, c’est plutôt commando ou promenade de santé ?

John C. : Voilà une question qui revient souvent! Beaucoup de gens confondent formation survie avec entraînement commando ou aguerrissement. Ce n’est pas du tout la même chose !

Une formation survie repose sur l’apprentissage d’un ensemble de connaissances théoriques, pratiques et techniques permettant de prolonger votre vie en milieu naturel (ou urbain).

Il s’agit donc pour nous de vous former aux grandes lignes de la vie en milieu naturel (vie sur le terrain) et vous sensibiliser à ses dangers afin que vous soyez en mesure de prendre toutes les précautions nécessaires pour y demeurer ou le cas échéant de vous sortir au mieux d’une situation fâcheuse (situation de survie, la fameuse zone rouge).

Cependant, afin d’approcher au mieux le stress d’une situation difficile dite « de survie » et ses moindres aspects « techniques », ces formations demandent un certain engagement physique et moral, surmontable si on prête bien attention aux consignes et enseignements apportés durant la formation et pour peu qu’on soit volontaire.

Les formations survie dispensées aux civils/particuliers ne sont en aucun cas « militaires » et adaptées parfaitement aux niveaux et besoins des personnes venues se former.

La survie, ce n’est pas l’apanage des militaires. Tout être vivant doit survivre à sa manière. Il n’y a donc aucune différence entre la survie d’un soldat (hormis les nécessites du combat) et celle d’un randonneur égaré en plein forêt durant des jours.

Pour les professionnels du terrain, je fais des stages plus engagés, où l’on étudie des techniques plus poussées.

Tu es spécialiste de survie en forêt, la survie dans d’autres milieux est-elle si différente ?

John C. : disons qu’il y a un tronc commun « survie » reposant sur des dangers globaux, et la physiologie/psychologie de l’individu en situation critique. Après, la connaissance d’un milieu c’est du spécifique. Il y a des choses qu’on peut faire dans un milieu, et qui peuvent vous porter préjudice dans d’autres.

Quelqu’un ayant une formation de base en survie saura se débrouiller cependant.

Dernière question qui me travaille : pourquoi avoir choisit John C. comme pseudo alors que J-C (en référence à Jésus Christ) aurait été plus glorifiant ?

John C. : et bien mon nom de famille est Hongrois et je suis d’origine Russe. Mon nom étant un peu compliqué à prononcer, j’ai opté par la première lettre et par un diminutif de mon prénom, ce qui donne John.C.

Mickaël : Merci beaucoup pour tes précieux conseils, mais là je risque de ne pas vraiment décrocher !

+ d’infos sur John C. et ses stages de survie en forêt

Sa profession : formateur survie spécialisé dans le milieu forestier et plus particulièrement des forêts boréales des zones de grand froid.

Sa passion : la vie en pleine nature (vivre dans la Forêt en totale autosuffisance et nomadisme) et la culture nomade des zones boréales et subarctiques.

Son site : www.survie-foret.com

Son forum (créé avec d’autres experts en survie) : www.nature-survie.com



23/10/2010
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